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[Dossier] Bilan de l’année manga 2016 : les tops, les flops, l’état du marché…

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Animal Kingdom – Tomes 1~14

Animal Kingdom – Tomes 1~14 Éditeur : Ki-oon
Titre original : Doubutsu no Kuni
Dessin : Makoto RAIKU
Scénario : Makoto RAIKU
Traduction : Fédoua LAMODIÈRE
Prix : 92.4 €
Nombre de pages : 2688
Date de parution : 28/01/2016
Dans le monde d’Animal Kingdom, les animaux les plus puissants imposent leur loi aux plus faibles. Raton laveur de son état, Monoko découvre un jour un bébé humain abandonné dans un panier qui dérive le long de la rivière. Elle décide de l’adopter et de l’élever comme elle peut, malgré les dangers permanents qui règnent dans la jungle. Si le petit d’homme n’a pas de griffes ou de crocs pour se protéger des autres prédateurs, il possède en revanche un don bien plus précieux : celui de comprendre et de parler le langage de tous les animaux ! Notre héros va alors tenter l’impossible : dépasser les haines ancestrales et unir tous les habitants de la forêt !

Makoto RAIKU, ça vous dit quelque chose ? Non ? Vraiment rien ? C’est dommage puisque c’est l’auteur de l’excellent Zatch Bell!, sorti en France chez Kana. Animal Kingdom est la deuxième série de l’auteur qui traverse nos frontières et cette fois, c’est à Ki-oon qu’on le doit.

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La première chose dont on va vous parler ? L’édition… histoire de s’en débarrasser rapidement ! C’est le format Ki-oon shônen classique, le même que l’on retrouve sur des titres comme Run Day BurstYour Lie in April ou encore Emblem of Roto. Pour le genre, on a le droit à un ouvrage de qualité, au papier propre et pas transparent ainsi qu’à des couvertures laminées du plus bel effet. Niveau objet, l’éditeur sait ce qu’il fait, rien à dire là dessus.

À la traduction, on retrouve une habituée du genre puisqu’il s’agit de Fédoua LAMODIÈRE qui a déjà officié sur (entre autres) Dragon Ball, Groove Adventure RaveSeven Deadly Sins, Emblem of Roto… La traductrice sait ce qu’elle fait et ça se sent dans l’adaptation très dynamique et le vocabulaire efficace employé par les personnages. Aucun problème de fluidité non plus, c’est du tout bon !

Bon, maintenant que c’est réglé, on peut entrer un peu plus dans le détail et surtout dans l’oeuvre. Dans Zatch Bell!, Makoto RAIKU mettait déjà des enfants au centre de son récits puisque des « démons juniors » combattaient grâce à un humain pour obtenir le titre de roi des démons. Il faut croire que l’auteur aime dessiner des enfants ou que leur innocence lui permet de développer assez facilement des thèmes qui lui sont chers.

On remarque surtout qu’il ne se rend pas la tâche facile puisqu’il fait évoluer son personnage principal à une vitesse assez folle. En l’espace de quelques pages, il semble prendre quelques années et commence même à marcher, c’est pour dire ! En tout cas, il a une sacré marge d’évolution. C’est d’ailleurs très probablement ce que recherche l’auteur en prenant des héros jeunes au début de ses titres, il aime montrer comment chacun peut exploiter son potentiel et dépasser ses limites.

L’idée de cohabitation entre humains et démons était déjà plutôt bien développée dans Zatch Bell!, en particulier vers la fin, lors de l’apparition de l’ultime ennemi qui voulait tuer tout le monde. Mais arrêtons de parler de la précédente série de l’auteur puisque de toutes façons, on retrouve un thème très similaire dans Animal Kingdom.

En effet, cette idée d’améliorer les relations entre différentes formes de vies (que ce soit au niveau culturel ou au niveau physique en fait) va se voir incarner par le bébé qui peut comprendre toutes les langues animales et permettre aux différentes espèces de comprendre ce que chacun veut. Grâce à ce don, certains animaux vont pouvoir vivre ensemble alors qu’ils étaient ennemis toute leur vie durant.

Grâce au bébé, l’auteur fait l’apologie de la communication comme moyen de résoudre les problèmes (simples ou complexes), sacrément citoyen, non ? Il y a pourtant une petite contradiction dans ce que RAIKU essaye de faire passer. En plus message d’espoir lancé par ce mangaka qui semble croire en l’être humain comme vecteur universel de la paix, on sent un certain cynisme dans la mesure où l’homme apporte aussi la guerre.

Si Taroza, le héros, est là pour tenter d’unifier le monde des animaux, Giner, au contraire, est plutôt là pour le détruire. Ce dernier ne va pas hésiter à corrompre, à massacrer (il y a un vrai génocide parmi les gorilles…) et même à expérimenter des sciences interdites (avec de nombreuses manipulations génétiques qui créent des êtres difformes et dont on ne sait pas ce que sont devenus les ratés).

En réalité, l’opposition Taroza/Giller est manichéenne au possible. Le premier représente l’espoir et le « bon » qui sommeille en l’être humain alors que le second n’est qu’une boule de haine et concentre tout le « mal » dont peuvent faire preuve les hommes lors de leur passage sur Terre. Il y a donc une petite dose de philosophie dans l’oeuvre du créateur de Zatch Bell!, de quoi donner aux adultes qui la liront matière à réfléchir un peu.

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DOUBUTSU NO KUNI © Makoto Raiku / Kodansha Ltd.

On vous parlait de thèmes récurrents de l’univers de Makoto RAIKU, l’entente universelle et la nature humaines ne sont pas les seuls à se retrouver dans Animal Kingdom, loin de là. Il y a aussi un peu de solidarité entre peuples, de l’amitié comme force pure qui peut tout surmonter… En fait, si vous avez lu Zatch Bell!, vous connaissez déjà l’attachement du mangaka à ces valeurs fortes du shônen.

Il en remet une couche dans Animal Kingdom, notamment lorsque la mère raton-laveur/tanuki cherche à protéger le bébé de tout ce qui l’entoure. Cette dernière accepte de se prendre des coups pour protéger celui qu’elle considère (envers et contre tout) comme sa progéniture.
Ce geste symbolique sera, peu à peu, repris par de nombreux animaux pendant les divers combats, preuve que l’influence de Taroza sur le groupe continue de s’étendre et que chaque espèce change au contact de cet humain qui apparaît comme singulier.

Même si le titre est floqué du label kids (probablement à cause de son premier tome assez enfantin alors que les suivants comportent pas mal de violence), c’est l’âge du lecteur qui lui permettra d’en faire une lecture plus ou moins adulte.

Alors que le début est assez calme et met tranquillement en place un univers vaste et qui ouvre de nombreuses possibilités, on se rend compte que RAIKU est capable de proposer quelque chose de beaucoup plus nerveux et beaucoup plus dynamique dès le deuxième tome (Ki-oon a d’ailleurs bien calculé son coup en sortant les deux premiers en même temps et en ne laissant pas deux mois s’écouler).

En ce qui concerne le dessin, les différentes variétés d’animaux permettent d’avoir des combats qui s’équilibrent naturellement et qui ne nécessitent pas de pouvoirs particuliers puisque chaque animal possède les forces et les faiblesses propres à sa race. Ces dernières sont représentées de manière exagérée pour apparaître clairement et ne pas trop surprendre le jeune public.

Ainsi, les gorilles seront énormes, les lions possèderont des griffes très pointues et une crinière abondante… Bref, rien de particulièrement fou. Là où l’auteur s’est donné un peu plus de liberté, c’est dans le chara-design des personnages humains. Taroza est d’une banalité prodigieuse, ce qui permet le lecteur de s’identifier à lui très facilement quand Giller fait très scientifique que la vie aurait fou.

Même si les deux personnages féminins ne sont pas particulièrement marquants (Capri représente le côté rebelle et sauvage alors que Riemu est une manifestation humaine de l’innocence), c’est Ju qui vient mettre une claque au lecteur. Ce dernier est une représentation très intéressante de la liberté selon RAIKU. Le jeune garçon est à la recherche d’un adversaire à sa hauteur et n’hésitera pas à se mesurer à nos héros pour mieux les aider quand ça sera nécessaire.

Ju pousse le lecteur à s’interroger sur les origines du mot liberté. Quel est ce concept ? Est-il forcément positif ? Est-ce qu’une liberté peut nuire ? Encore une fois, le talent du mangaka pour exploiter la double lecture est évident.
Au delà des combats, il y a donc bien ce côté philosophique dont on vous a parlé plus haut. Le déchirement de l’homme lorsqu’il doit choisir entre le bien et le mal, la survie d’une espèce à « n’importe quel prix »… On retrouve de quoi faire dans Animal Kingdom et avec Giller (pour qui « la fin justifie les moyens) en digne représenter de Machiavel, l’auteur se plaît à proposer deux lectures différentes qui sauront accrocher le lecteur selon son âge.

Là où les enfants verront un manga d’aventure et d’action avec des animaux, les adultes pourront voir une métaphore de l’être humain et de ses semblables, incapables de s’entendre pour des raisons qui ne tiendraient, selon RAIKU, qu’à des problèmes de communication. Avec un joli message d’espoir, une histoire pas forcément originale mais qui sait laisser placer à l’imagination et des graphismes vraiment sympas, il y a clairement de quoi se laisser tenter.

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Makoto RAIKU, ça vous dit quelque chose ? Non ? Vraiment rien ? C’est dommage puisque c’est l’auteur de l’excellent Zatch Bell!, sorti en France chez Kana. Animal Kingdom est la deuxième série de l’auteur qui traverse nos frontières et cette fois, c’est à Ki-oon qu’on le doit.    La première chose dont on va vous parler ? L'édition... histoire de s'en débarrasser rapidement ! C'est le format Ki-oon shônen classique, le même que l'on retrouve sur des titres comme Run Day Burst, Your Lie in April ou encore Emblem of Roto. Pour le genre, on a le droit à un ouvrage de qualité, au papier propre…

"Oh, baby, baby, it's a wild world... It's hard to get by just upon a smile."

Graphisme - 66%
Histoire - 76%
Mise en scène - 77%
Originalité - 60%
Edition - 70%
Dans son genre - 81%

72%

Sauvage

Avec Animal Kingdom, Makoto RAIKU signe une oeuvre plus courte que celle qui l'aura révélé au public mais au message peut-être plus fort et à la double-lecture plus intéressante aussi. Les nombreux personnages lui donnent matière à développer une histoire qui s'assombrit au fil des tomes et qui, malgré son aspect classique, n'en reste pas moins efficace.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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