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Anguilles démoniaques – Tome 1

Anguilles démoniaques – Tome 1 Éditeur : Komikku
Titre original : Unagi Oni
Dessin : Yusuke OCHIAI
Scénario : Yû TAKADA
Traduction : Thibaud DESBIEF
Prix : 7.9 €
Nombre de pages : 200
Date de parution : 11/02/2016

Masaru Kurami, trentenaire japonais à l’imposante carrure, s’est endetté dangereusement en jouant et en perdant aux courses. Pris à la gorge par ses usuriers, il est sauvé par le patron de « Chiwaki Enterprise » qui lui propose d’être son garant, en contrepartie de quoi, Masaru devra travailler pour lui. Recouvrement de dettes, transport de marchandises, extorsions, prostitutions déguisées, voilà le genre d’activités de la société dans laquelle a atterri le timide Masaru. Chiwaki, le boss, décèle en lui un fort potentiel qu’il décide d’accentuer : boule à zéro, sourcils rasés, Masaru adopte un nouveau look patibulaire idéal pour masquer son manque de confiance en lui, et s’imposer dans le milieu. Un jour, le boss l’envoie livrer un container chez un éleveur d’anguilles, dans le lugubre quartier de Kuromu, en compagnie de Tomita, un autre employé de la société. La mission est simple : effectuer la livraison sans se poser de question et surtout, ne pas fourrer son nez partout…

Yusuke OCHIAI n’est pas n’importe qui pour les éditions komikku. Il s’agit du tout premier mangaka publié par l’éditeur avec L’Île infernale, un seinen en 3 tomes qui date de 2013 (en France). Au moins de février, ce n’est pas un mais deux titres du même auteur que l’on peut retrouver chez l’éditeur avec un petit k.

Annoncée comme terminée en 3 tomes, Anguilles démoniaques est une série qui commence par un fait animalier. L’auteur nous apprend que les anguilles mangent absolument tout ce qui contient des protéines. Pourquoi avoir commencé ainsi ? Le lecteur n’en saura rien avant d’arriver à la fin du premier chapitre qui fait directement écho à cette vérité générale.

Pourtant, l’amateur de ce genre d’univers mafieux comprendra vite, très vite. Il n’y a pas besoin d’être un génie pour se douter de ce que l’auteur cherche à nous faire comprendre. Ainsi, dès les premières pages, le ton est posé : Anguilles démoniaques ne sera pas une série humoristique, c’est l’horreur du monde des yakuza qu’on cherche à nous faire ressentir et ce n’est pas le personnage principal qui viendra nous contredire.

Masaru est géant, le genre de type qu’on n’irait pas vraiment provoquer dans la rue. Le problème, c’est que c’est un vrai dégonflé. Dès le départ, on nous le présente comme un loser qui a perdu tout son argent dans les paris et qui a même été jusqu’à s’endetter (sans tenir compte de sa famille) pour continuer à jouer. Il y a un fossé entre l’apparence du protagoniste et son caractère.

Chiwaki, son nouveau patron, ne va faire que jouer sur son apparence.
On le voit d’ailleurs lors de la scène dans les transports publics où Masaru va utiliser sa nouvelle apparence pour remettre un groupe de jeunes dans le droit chemin. Même s’il a l’air fort, dans sa tête, il a toujours peur de blesser et veut à tout prix éviter le conflit. Cependant, on sent vers la fin du premier volume que l’auteur a envie de faire évoluer la mentalité de son personnage avec une certaine prise de conscience.

Le titre d’OCHIAI dispose d’une ambiance aux petits oignons : c’est sombre, à la limite du lugubre parfois.
Le mangaka se permet de jouer avec les nerfs de ses lecteurs en lui dissimulant des informations, ce dernier étant logé à la même enseigne que Masaru. On ne sait pas trop ce qui se trame chez l’éleveur d’anguilles mais rien n’est fait pour nous rassurer. Entre les visages inquiétants, les non-dits et cette lumière toujours blafarde qui entoure la zone, le lecteur et le protagoniste se retrouvent pris dans une spirale angoissante, presque étouffante par moment ; une vraie réussite !

Graphiquement, on retrouve un titre propre. Le style d’OCHIAI possède un niveau de détail assez élevé et il n’y a pas énormément de vide dans les cases qui ont souvent le droit à un arrière-plan (plus ou moins intéressant, c’est très variable).

L’auteur aime bien garder les plaques de noir ou de blanc pour créer un effet particulier. Ce n’est que lorsqu’un personnage vit quelque chose de fort que le fond de la case sera vide ou noir, une petite invitation de l’auteur pour que le lecteur se concentre sur ce qu’il considère comme important : l’expression du personnage.
On sent une véritable maîtrise de la gestion des traits et déformations du visage chez le mangaka qui soigne vraiment chacun de ses personnages.

Que ce soit Masaru, Tomita, Chiwaki ou même le personnel du vendeur d’anguilles, on voit très clairement la moindre évolution de leur visage. Mention spéciale au travailleur qui a eu un accident et dont la peau est complètement brûlée ; même chez lui, OCHIAI parvient à rendre une certaine forme de mépris, de dédain mais aussi une bonne dose de lassitude.

En ce qui concerne l’édition, komikku rend une copie en demi-teinte. D’un côté, l’ouvrage est tout simplement excellent : qualitatif, souple mais pas trop avec une impression sur un papier bien blanc qui va évidemment sublimer les noirs d’impressions, très important dans ce titre où la lumière a un rôle clé.
La petite déception vient de la jaquette qui n’a pas l’air d’avoir été travaillée du tout. Il n’y a pas vraiment d’effort de composition ou de recherche graphique pour embellir. Certes, la version originale n’était pas fantastique mais quand on regarde bien, il y a quand même une idée, un concept qui s’en dégage. Impossible d’en dire autant de la version française.

unagi-oni-1-jap     Jaquette Anguilles demoniaques T01 PRESSE

Yusuke OCHIAI n'est pas n'importe qui pour les éditions komikku. Il s'agit du tout premier mangaka publié par l'éditeur avec L'Île infernale, un seinen en 3 tomes qui date de 2013 (en France). Au moins de février, ce n'est pas un mais deux titres du même auteur que l'on peut retrouver chez l'éditeur avec un petit k. Annoncée comme terminée en 3 tomes, Anguilles démoniaques est une série qui commence par un fait animalier. L'auteur nous apprend que les anguilles mangent absolument tout ce qui contient des protéines. Pourquoi avoir commencé ainsi ? Le lecteur n'en saura rien avant d'arriver à la fin du premier chapitre qui fait directement…

Je crois qu'il y a anguille sous roche (désolé)

Graphisme - 72%
Histoire - 76%
Mise en scène - 65%
Originalité - 70%
Edition - 62%
Dans son genre - 82%

71%

de protéines

Anguilles Démoniaques est un bon titre, aucun doute là-dessus. Le dessin est travaillé et l'histoire assez intrigante pour que le tome se lise d'une traite. Avec son personnage principal contrasté, il y a de quoi mener un récit saisissant dans un univers où un coin sombre peut cacher tout et n'importe quoi.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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