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Altair_9

Altaïr – Tome 9

Altaïr – Tome 9 Éditeur : Glénat
Titre original : Shoukoku no Altair
Dessin : Kotono KATO
Scénario : Kotono KATO
Traduction : Fédoua LAMODIERE
Prix : 7.6 €
Nombre de pages : 224
Date de parution : 06/01/2016

Mahmud est parvenu à monter Vénédik et le Baltrhain l’un contre l’autre ! Pour prendre son ennemi encore plus en étau, il décide de se rendre en Urad, un pays limitrophe de l’Empire, qui vit en autarcie depuis des siècles. Mais le roi d’Urad ne semble pas disposé à se laisser convaincre de s’associer à la Türkiye. La perspicacité et la capacité de négociation de Mahmud vont être mises à rude épreuve. Parviendra-t-il à émouvoir ce vieux roi désabusé pour former une nouvelle alliance ?

Encore un défi impossible pour Mahmud ! L’accueil est sec en Urad puisque c’est par un examen médical complet que notre héros est accueilli. Le voilà qui doit se déshabiller et se laisser tripoter pour accomplir sa mission. Une fois passée cette humiliante formalité, le lecteur peut découvrir par ses yeux ce pays du nord.

Altaïr, c’est un manga touristique : on admire de superbes paysages, les tenues traditionnelles, la gastronomie locale et on essaye de s’adapter aux coutumes. Il faut bien avouer que Mahmud ne s’étonne plus de grand chose, contrairement à ses compagnons.

En effet, l’évolution du personnage est assez saisissante : le frêle fauconnier prêt à en découdre pour ses amis est devenu un fin calculateur qui fait passer les intérêts de son pays avant tout. Pourtant, dans ce tome, la notion de patriotisme commence à s’atténuer face à celle d’une cause plus universelle. Il ne s’agit plus d’être un allié de la Türkiye, mais d’être dans le camp anti-impériaux. Surtout que, même au sein de l’empire Baltrhain, certains remettent en question la politique d’expansion.

Le manga semble vouloir dire que la diplomatie peut être une solution pour éviter la guerre, mais on a encore en tête les morts des tomes précédents (notamment du tome 7). Mahmud semble avoir acquis la certitude que la fin justifie les moyens et il est désormais prêt à se salir les mains. Sa silhouette juvénile prend désormais un aspect presque inquiétant tant l’intrigue met en avant son coté machiavélique.

Le lecteur qui ne prendrait pas de plaisir à voir ainsi évoluer le personnage, peut reporter son affection sur Cyrus (de Phoenicia) et Abiriga (de Vénédik), les compagnons du héros. Ils gardent suffisamment de fraîcheur pour que le manga ne change pas complètement de ton par rapport au début de la série.

Ces personnages, gagnés à la cause de Mahmud, viennent de pays visités par le héros dans le cadre de ses missions. La petite bande réussit à fonctionner malgré les différences culturelles. Elle parvient même à en faire un atout décisif lors de négociations. Les connaissances de chacun apportent un éclairage nouveau et aide considérablement Mahmud. Dans ce tome, on se rend compte qu’en fonction du pays d’origine, les choses n’ont pas la même valeur. Dans ce tome, les enjeux économiques prennent de l’importance.

Dis comme ça, on peut penser qu’Altaïr est un manga complexe, mais justement, son atout principal est d’avoir une intrigue politique facile à suivre. Kotono KATO ne cherche pas à nous embrouiller et met tout en place (notamment à l’aide de rappel sur l’identité et les fonctions des personnages) pour que le lecteur ne se perde pas.

L’univers mis en place est très inspiré par notre géographie et on ne peut s’empêcher de chercher un équivalent dans le monde réel au Baltrhain (l’empire Austro-hongrois, mais pas seulement), au Vénédik (principalement Venise) et, dans ce tome, à l’Urad.

Exercice difficile car chaque pays est une synthèse intelligente de plusieurs pays à différentes époques. L’ensemble donne donc un univers original et riche, où, malgré les nombreux enjeux, le lecteur sait toujours ce qui se passe. L’œuvre est presque pédagogique et permettra sans doute à des lecteurs assez jeunes à commencer à se familiariser avec des intrigues politiques complexes.

Le graphisme est séduisant et est, sans doute, le premier motif d’achat de ce manga. Le trait, très aérien au début de la série, se durcit. Kotono KATO aime faire des « gueules » aux personnages secondaires (notamment  en leur dessinant des yeux tombants) qui contrastent avec les silhouettes étirées des protagonistes. Le soin apporté aux costumes est aussi appréciables.

On regrette de ne pas avoir plus de cases présentant des exemples d’architecture, les décors restant graphiquement peu présents. En jouant avec des plongées et des contre-plongées, la mangaka présente les rapports de force entre les pays, les personnages et, en même temps, pose le décor dans l’esprit du lecteur.

Le travail d’édition rend l’objet agréable : la couverture (présentant toujours Mahmud) joue toujours avec la couleur or. La jaquette et le format sont, sans surprise, dans la lignée de ce que fait Glénat de ses shônenAltaïr bénéficiant d’un traitement similaire à celui de Tokyo Ghoul, l’effet peau de pêche en moins sur la sur-jaquette.

En bref, un manga qu’on peut lire si on veut doucement s’initier aux œuvres politico-compliquées. Ici… c’est le niveau 1 !

Encore un défi impossible pour Mahmud ! L'accueil est sec en Urad puisque c'est par un examen médical complet que notre héros est accueilli. Le voilà qui doit se déshabiller et se laisser tripoter pour accomplir sa mission. Une fois passée cette humiliante formalité, le lecteur peut découvrir par ses yeux ce pays du nord. Altaïr, c'est un manga touristique : on admire de superbes paysages, les tenues traditionnelles, la gastronomie locale et on essaye de s'adapter aux coutumes. Il faut bien avouer que Mahmud ne s'étonne plus de grand chose, contrairement à ses compagnons. En effet, l'évolution du personnage…

Seuls les pays résolus à se faire haïr pourront survivre...

Graphisme - 70%
Histoire - 68%
Mise en scène - 69%
Originalité - 65%
Edition - 50%
Dans son genre - 55%

63%

au CAC 40

Un manga au graphisme agréable, à l'histoire pas très originale, mais bien construite (tout comme l'univers) et narrée avec une clarté exceptionnelle, peut-être trop simple pour les fans du genre...

A propos de Apsara

Apsara
Mon travail m'incite à me tourner vers les mangas destinés aux plus jeunes, mais mon plaisir ne veut pas être en reste. Alors je lis aussi des trucs avec du sexe, de la violence et des gros mots.

Un commentaire

  1. J’aime bien cette serie qui mise beaucoup sur les relations entre etats, le commerce et la diplomatie d’autant plus que le rendu graphique est agreable, meme s’il faut bien avouer qu’elle sort dans l’anonymat le plus total 🙂

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