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San saller a l ecole je suis devenu mangaka.

Sans aller à l’école, je suis devenu mangaka

Sans aller à l’école, je suis devenu mangaka Éditeur : Éditions Akata
Titre original : Gakkô e Ikenai Boku to Kyu-nin no Sensei
Dessin : Syoichi TANAZONO
Scénario : Syoichi TANAZONO
Traduction : Sayaka OKADA & Manon DEBIENNE
Prix : 9.55 €
Date de parution : 25/02/2016

Le jeune Masatomo aurait pu avoir une vie normale : jusqu’à son entrée à l’école primaire, il était en effet un petit garçon plutôt jovial. Mais hélas, en première année, sa trop colérique professeur lui donne un gifle particulièrement violente et pas du tout justifiée. Dès lors, la spirale infernale commence pour Masatomo, qui n’ose plus retourner à l’école : peur du regard d’autrui et des rumeurs, incapacité à sortir de chez lui, difficultés à s’intégrer et à se comporter naturellement avec les autres…

Tous les ans, malgré les efforts de ses parents, mais aussi de nombreux professeurs et pédagogues, il n’arrivera jamais à suivre une scolarité ordinaire. Préférant passer ses journées chez lui, à copier des dessins de Dragon Ball… Et si, au fil des pages, une vocation salvatrice était en train de naître ? Dans ce manga semi-autobiographique, Syoichi Tanazono, nous raconte avec justesse et émotion ses difficultés d’intégration à l’école… Un oeuvre importante, à n’en pas douter, qui nous rappelle l’importance de l’Art dans l’éducation. À noter qu’Akira Toriyama signe, en fin d’ouvrage, une postface.

À la lecture de Sans aller à l’école, je suis devenu mangakaje pensais trouver une histoire atypique de quelqu’un qui n’aurait jamais rien eu à prouver au système scolaire avec une fin heureuse sur sa réussite hors du système. Il n’en est rien.
Ce récit c’est la douloureuse descente aux enfers d’un enfant qui n’arrive plus à aller à l’école, de cette peur viscérale de ne pas être dans la norme, de décevoir tout le monde, qui finit par trouver une autre voie presque par hasard, parce qu’il faut bien avancer.

Loin des idées reçues et traitant d’un sujet particulièrement intéressant, Sans aller à l’école, je suis devenu Mangaka est une incroyable histoire autobiographique de Syoichi TANAZONO.

Tout commence avec un enfant japonais. Il faut le préciser car le malaise qu’il va vivre est assez spécifique à ce pays. En CP, ne comprenant pas ce que dit la maitresse, le jeune Masatomo prend son courage à deux mains pour demander des explications.
Sans aucune raison valable, elle va le gifler créant ainsi un traumatisme dont le garçon ne se remettra jamais. Le lendemain il sera pris de maux de ventre puis fera des cauchemars… Bref, il ne retournera plus jamais en cours de l’année. Au Japon, le redoublement n’existe quasiment pas, ce qui fait que le héros va passer les classes malgré son absentéisme.

On peut légitiment se demander ce que font les parents… Dès le départ, Masatomo leur explique la situation, ils savent donc pourquoi leur enfant a subitement du mal à aller à l’école. A priori, ils prennent les bonnes décisions car ils vont l’emmener à l’hôpital, faire venir des professeurs…
Tout le long du manga, de nombreuses initiatives seront mises en places pour aider  le jeune garçon et on peut sans mal deviner qui en est à l’origine.
Jusqu’à la fin, les parents auront un rôle de soutien sans faille mais sans réels résultats… Pire, en guise de récompense on les verra se faire juger par les autres, leur imputer de toute la responsabilité de la situation.

Il est trop tard car le héros est pris dans une sorte de boule de neige qui grossit au fur et à mesure que le temps passe. Au départ, la peur vient de cette maitresse, pour ensuite être transférée vers les commentaires sur l’absentéisme et enfin sur le malaise de ne pas être normal.
Des sentiments se transforment en obstacles au retour en cours. Pourtant, chaque peur trouvera sa solution : en changeant de classe, il change de maitresse, en passant au collège il change de camarades.

En réalité, la plus grande terreur, celle que l’on voit et comprend à la toute première case, avant même la gifle: c’est celle de ne pas être au niveau.
Pendant toute la lecture on verra Masatomo ramer avec les études. D’ailleurs, tout a commencé sur une simple demande d’explications, parce qu’il n’arrivait pas à suivre. Par la suite il va tenter à de nombreuses reprises de retourner en classe pour, à chaque fois, comprendre qu’il n’a pas le niveau.

Bien sûr, en étant déscolarisé, il est évident que son niveau ne s’améliore pas mais ses parents vont quand même engager des professeurs particuliers, preuve est que ce ne sont pas les études qui le dérangent. Non, le soucis dans son cas, c’est une école qui n’est pas adaptée à ses moyens et, dans le cas du Japon, qui ne donne pas une position sociale très importante.

Le coté mangaka, on nous le distillera tout au long de la lecture, Masatomo insiste beaucoup sur sa passion pour Dragon Ball qu’il lit, regarde, dessine, mime. En grandissant, cette passion ne se tarira pas et l’un de ses mentors y verra la solution miracle.
S’il aime Dragon Ball, alors il doit utiliser cette passion pour avancer et tout commencera par la rencontre avec son auteur. Ce moment marque la fin du titre, il n’y a rien à raconter d’autre que la sortie du cauchemar et de laisser imaginer l’avenir qui se profile.

Si le titre Sans aller à l’école, je suis devenu Mangaka est assez précis, je le trouve un peu trompeur. Ce que raconte vraiment ce oneshot c’est l’histoire d’un garçon qui a peur d’aller à l’école.
Le fait qu’il soit devenu mangaka n’est pas la conclusion ni la solution à son problème. Ce titre n’est même pas une critique du système scolaire, c’est plutôt comment un garçon a surmonté son traumatisme.
D’ailleurs, le titre japonais se traduit par « Moi qui ne peut aller à l’école et mes 9 professeurs », un peu plus représentatif du contenu que notre version française.

Le trait de l’auteur est étonnant. Comme on nous vante sa passion pour Akira TORIYAMA, on aurait pu imaginer un trait assez proche mais il n’en est rien, on en est même très loin. Étrangement ce type de dessin est assez vieux mais la composition est très bonne, la lecture est très fluide et on engloutit tout le pavé d’un trait.

Le découpage n’est pas moderne non plus mais il est efficace. Les cases sont définies et seules les bulles peuvent parfois s’y superposer. À savoir que ce sera quasi le seul vrai titre de l’auteur qui, jusqu’à présent, a fait plusieurs illustrations mais rarement du manga à proprement parler.

Petit détail mais qui a son importance, l’auteur de Dragon Ball a écrit une postface dans laquelle il met bien en garde les lecteurs que ce type de parcours est exceptionnel.
Cependant, il reste intéressant de voir l’impact qu’a eu sa série dans la vie de Masatomo, comment la série se pose en fil conducteur positif de tout le récit. Cela aurait pu être autre chose mais il a fallu que ce soit un manga.
Aujourd’hui les deux auteurs continuent de se voir de temps en temps mais à la lecture, il est indéniable que Syoichi TANAZONO s’est forgé son propre univers.

L’éditeur propose un texte entièrement traduit, onomatopées comprises avec une jaquette sans chichis mais proposant en fond une jolie aquarelle qui n’existe pas sur la version originale. Les deux postfaces apportent beaucoup même si je trouve le coté TORIYAMA un peu sur-vendu ; c’est de bonne guerre.

Mangaka niveau over 9000

Graphisme - 65%
Histoire - 86%
Mise en scène - 72%
Originalité - 91%
Edition - 68%
Dans son genre - 87%

78%

de dessins !

En résumé, Akata nous propose encore un titre d'exception qu'il serait intéressant de proposer dans les CDI des écoles de par la leçon de vie qu'il transmet à son lecteur. Le manga de TANAZONO est une belle surprise de ce début d'année qui promettait de belles choses et est allé au-delà. Petit bijou sur le sujet de l'école au Japon, il nous en apprend toujours plus sur la société nippone... À lire absolument !




A propos de Marcy

Juste un chat qui traine partout, fan de Sailormoon devant l’éternel, spécialiste du glauque et du déviant, chose étrange: ne travaille pas/plus dans le monde de l’animation.

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