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Akira Edition Originale 1

Akira Édition originale – Tome 1

Akira Édition originale – Tome 1 Éditeur : Glénat
Titre original : Akira
Dessin : Katsuhiro OTOMO
Scénario : Katsuhiro OTOMO
Traduction : Djamel RABAHI
Prix : 14.95 €
Nombre de pages : 362
Date de parution : 01/06/2016

En 2019, trente-huit ans après la Troisième Guerre mondiale, Néo-Tokyo arrive au terme de sa reconstruction. Dans cette ville sans âme errent Kaneda et sa bande. Des jeunes désœuvrés, élèves d’un centre d’apprentissage professionnel, qui n’ont que leur moto et leurs virées nocturnes pour seule échappatoire à l’ennui du quotidien. Mais une nuit, ils trouvent sur leur route un être des plus étranges, un enfant au visage de vieillard, avec un numéro tatoué sur la main : le numéro 26. En tentant de l’éviter, Tetsuo chute à moto et se blesse grièvement. Il se réveille dans un hôpital de l’armée avec des pouvoirs surnaturels qu’il lui faut désormais apprendre à contrôler. De retour parmi ses amis, il se rebelle contre l’autorité de Kaneda et finit par quitter le groupe…

Titre fondateur du manga, et aussi du manga en France en étant le premier titre de Glénat, c’est peu dire que l’attente derrière l’annonce de cette « édition définitive » du chef d’oeuvre de Katsuhiro OTOMO était forte. Voici enfin Akira dans une version au plus proche de l’édition originale.

AKIRA

C’est déjà la quatrième édition dont nous gratifie Glénat pour Akira, après les fascicules kiosque dans les années 90, l’édition cartonnée en couleurs (toujours disponible) et la noir et blanc en six tomes dans le sens de lecture français.

Si les précédentes versions étaient toutes en sens de lecture français, cette “édition originale” nous propose enfin le sens japonais, mais aussi une toute nouvelle traduction, les onomatopées conservées et les jaquettes de l’édition Kôdansha.
Le lectorat français a enfin droit à une version d’Akira fidèle à l’édition japonaise, avec les premières pages en couleur ainsi que les visuels sur les deuxième et troisième de couverture. Ne manquent que les tranches colorées quand Glénat propose sa version avec un papier blanc mais là… on pinaille !

L’œuvre, en elle-même, a déjà été maintes fois traitée via ses différentes éditions. Force est de constater que le manga de Katsuhiro OTOMO n’a pas réellement vieilli et reste un modèle de construction et de mise en scène.
Aussi à l’aise dans l’animation que dans le manga, son découpage est d’une clarté et d’un dynamisme qui restent, encore à ce jour, une référence.

Son graphisme ne fait pas, non plus, trop daté malgré les trente ans qui nous séparent des premiers chapitres. Akira est aussi puissant en 2016 que dans les années 80.

Référence du manga de science-fiction, OTOMO nous offre un titre dense, à l’univers fouillé, aux enjeux énormes portés sur les épaules de ceux qui n’étaient que de simples spectateurs devenus acteurs d’une fin du monde dantesque.

On connait finalement plus le titre par le biais de son adaptation animée, dirigée par OTOMO lui-même, mais celle-ci fait pâle figure à côté de son matériau d’origine. Le long-métrage est certes magnifiquement animé et sans temps mort, mais reste parcellaire, ne traitant que d’une partie de l’histoire, en délaissant la plus intéressante : celle qui vient après l’avènement d’Akira…

Venons en au point qui fâche… qui fâche vraiment : l’édition.
Glénat annonçait une « version définitive », « pilotée depuis le Japon par Otomo ». Pas sur que l’artiste ait piloté la fabrication car le travail est clairement très en dessous des attentes que l’on pouvait nourrir pour le titre.
Une nouvelle fois, le papier choisit par l’éditeur est trop fin et rend le livre atrocement souple, dégageant une impression de produit bas de gamme très désagréable.
Ajoutons à cela la couverture dont les visuels des deuxième et troisième de couverture sont (mal) collées et se détachent, laissant poindre un jour en plein milieu.
Pour presque 15€, on était en droit d’attendre autre chose, surtout comparé à l’édition japonaise vendue moins de 9€ et techniquement bien supérieure. Certes, le marché et la volumétrie ne sont pas les mêmes, mais la différence reste difficile à justifier.
En restant chez Glénat, on se rend compte que cette nouvelle édition d’Akira est techniquement en dessous de la version noir et blanc (sens de lecture français, sans jaquette) de 1999. Dans cette dernière, les pages en couleur étaient aussi épaisses que celles de l’édition hardcover, ce qui n’est pas le cas de la version qui nous occupe aujourd’hui.

L’impression, quant à elle, est de plutôt bonne facture, et satisfera le lecteur avec des noirs corrects, pas très profonds mais tout à fait acceptables.

Akira Def 1 Akira Def 2

En finalité, que penser de cette nouvelle édition de cet indispensable du manga ?
On ne peut qu’être déçu du rendu final de ce qui devait être l’édition ultime d’Akira. Glénat respecte bien la graphie de la version japonaise, mais continue de s’empêtrer dans une médiocrité technique qui pose question.
Malgré tout, ce manga est tellement fort, important, passionnant, que vous auriez tort de passer à côté. Si vous n’avez jamais lu Akira en noir et blanc (son réel format), l’édition précédente étant épuisée —ne subsistant que la cartonnée—, vous devez le faire avec cette édition en six tomes. C’est ainsi que l’œuvre a été imaginée, c’est ainsi qu’elle doit être (re)découverte.
L’attente était telle que la déception technique est à l’avenant, mais Akira reste Akira. Un monument énorme. Un incontournable. Un classique parmi les classiques. Juste indispensable.

Une édition définitive ?

Graphisme - 79%
Histoire - 90%
Mise en scène - 92%
Edition - 45%
Dans son genre - 95%
Originalité - 92%

82%

Tetsuoooo !!

La déception derrière la qualité de l'édition proposée par Glénat ne peut éclipser le plaisir de découvrir Akira dans un format plus proche que jamais de l'édition originale. Un monument, un incontournable, un classique parmi les classiques. Akira est un manga simplement indispensable.




A propos de Kubo

Kubo
Enfant de la "génération Club Dorothée", c'est un gros lecteur de mangas depuis plus de 20 ans et fan invétéré de Dragon Ball. Fondateur du podcast Mangacast, il est aussi l'un des créateurs de Manga Mag.

7 commentaires

  1. Merci pour la review, je craignais d’etre un cas isole avec cette histoire de colle. Quel dommage…

  2. Je ne peux qu’acquieser concernant la qualité médiocre de l’édition, couverture collée seulement sur le côtés et qui se plie bizarrement, papier très fin et livre trop souple et puis j’aurais préferé un papier un peu plus blanc…
    Avec le statut de l’oeuvre en France, la distinction d’Otomo à Angoulème, le fait que l’oeuvre soit retardée pour soi-disant coller au plus près à l’édition japonaise…, je ne m’attendais pas à ça.
    Je peux encore comprendre d’avoir ce papier sur du Kamimura qui est vraiment un auteur de niche mais bon ici, je crois quand même qu’ils compten en vendre un minimum.
    En plus je l’ai acheté à la fnac en Belgique, et le prix est encore 1€50 plus cher que le prix français.

  3. Bonjour,

    Nous vous remercions pour cet article, que nous avons lu avec attention.
    Tout d’abord, sachez que le papier a été choisi en accord avec l’ayant-droit : nous avons sélectionné un papier de qualité et d’épaisseur similaires à celui utilisé pour la version japonaise originale.

    D’autre part, en ce qui concerne les visuels des 2ème et 3ème de couverture, la version japonaise est comme cela et c’est une volonté de l’ayant droit que nous soyons au plus proche de la fabrication japonaise. Il est donc logique que cette garde soit collée uniquement sur la partie extérieure latérale. Nous avons respecté le cahier des charges et reproduit l’édition originale japonaise.

    Pour information, ce type de collage utilisé au Japon pour Akira et pour bien d’autres mangas, offre une plus grande souplesse au livre et donc, une plus grande durée de vie.

    En espérant avoir répondu à toutes vos interrogations.

    • Kubo

      Bonjour,

      Vous ne pouvez ignorer que cette édition souffre des mêmes problèmes que vous avez avec tous vos mangas depuis la fermeture de Herissey, à savoir des livres désespérément trop souples.
      N’importe qui peut plier avec une facilité déconcertante vos volumes, et notamment ce tome 1 d’Akira, pourtant comptant plus de 300 pages !

      Pour avoir eu entre les mains l’édition japonaise d’Akira, elle n’a pas ces soucis de 2e et 3e de couverture gondolées dont la pliure gène la lecture.
      Ce qui est utilisé est une technique d’impression connue bien sur (que vous utilisez sur les DB Perfect notamment), mais je ne sais pas si l’utilisation est ratée ou si c’est la technique qui est en cause mais ce n’est manifestement pas qualitatif.

      Pour une édition définitive, vendue 15€, c’est tout de même déconcertant et quelque peu dommage d’avoir un produit qui sent le bas de gamme après tant d’année avec des volumes plutôt bien finis et des matériaux de qualité…

  4. J’ai acheté cette édition il y a qq jours et je ne l’ai pas encore prise en main pour la lecture donc je ne peux pas juger vraiment, mais même si la souplesse en général ne me gêne pas spécialement dans un manga , les deux choses qui m’ont frappées tout de suite sont le fameux collage intérieur comme dans les DB super et la non présence du numéro de tome sur le dos. (ou alors je l’ai raté et je suis fou).

    Se rapprocher au mieux de l’édition japonaise n’est pas à mon sens gage de qualité absolue. Je ne suis pas sûr non plus que ce soit ce que recherche en priorité les lecteurs sachant que peu d’entre eux ont touché la dite édition. Je pense que la priorité devrait être un bouquin de qualité surtout dans une édition dite « définitive ».

    Maintenant je n’ai jamais lu akira en manga et je suis tout de même super content de pouvoir enfin me ragler avec ^^

  5. La publication d’Akira dans le sens de lecture original semblait une évidence, malheureusement, la traduction médiocre de cette nouvelle édition vient gâcher tout le plaisir.
    On peut lire des expressions telles que « mais de quel bois je me chauffe »!!!!
    lmaginez un adolescent de 15 ans prononcer cette phrase aujourd’hui…c’est tout simplement ridicule!!!
    La violence des dialogues et l’utilisation de la vulgarité ont été atténué et c’est bien dommage car cela contribuait énormément à l’atmosphère brutale et décadente de l’histoire, ainsi qu’a la personnalité de Kaneda et sa bande qui apparaissent bien sage tout d’un coup.
    De plus le papier des planches couleurs est de très mauvaise qualité.

    • Bonjour Louis, quelle est donc la meilleure édition française noir et blanc stp ? Je suis fan du film mais je n’ai jamais encore lu le manga. J’aimerais le découvrir dans les meilleures conditions 🙂
      Merci,
      Benjamin

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