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Afterschool Charisma 12

Afterschool Charisma – Tome 12

Afterschool Charisma – Tome 12 Éditeur : Ki-oon
Titre original : Hokago no Charisma
Dessin : Kumiko SUEKANE
Scénario : Kumiko SUEKANE
Traduction : Yohan Leclerc
Prix : 7.65 €
Nombre de pages : 208
Date de parution : 26/11/2015

Shiro n’a plus qu’une seule solution pour protéger ses amis : battre Adolf sur son propre terrain, devant les caméras. Mais c’est sans compter sur Elisabeth, qui sème la discorde en se ralliant à l’avis d’HITLER pendant une émission live ! Pire encore, Florence est victime d’un enlèvement dont les circonstances troubles achèvent de discréditer complètement l’académie aux yeux de l’opinion publique.

C’est ainsi qu’est votée, à la suite des manigances de Robert GREEN, une loi sur la protection des clones autorisant une intervention militaire dans l’enceinte de l’école ! Une épreuve dont St Kleio pourrait bien ne jamais se relever…

Le destin est en marche… Ne manquez pas la conclusion sous haute tension d’Aftershool Charisma !

Après plus de 4 ans de publication, Ki-oon nous offre donc, en cette fin d’année, la conclusion d’Afterschool Charisma, qui nous interrogeait sur la question du clonage et de ses conséquences ainsi que sur ses implications morales. Nous avions laissé nos clones de St Klein en proie à une lutte fratricide entre ceux qui veulent détruire l’établissement qui se prend pour Dieu en créant des clones de personnalités à la chaîne, et ceux qui veulent défendre leur maison mais que l’opinion publique voit comme une usine à curiosités historiques. On se demandait alors comment tout cela allait pouvoir se terminer.

Le dernier tome de la série commence par la confrontation entre Shiro et Adolf, à l’entrée de St Kleio. Le clone du créateur de l’établissement annonce à HITLER que les clones de St Kleio renoncent à leur statut de clone, ce qui rendrait la loi décidée grâce à GREEN non-applicable envers eux. De ce fait, les élèves renonceraient à la vie prédestinée qu’on leur réserverait, mais aussi à leur identité puisque c’est là leur essence même : ils portent leur nom au sein même de leur ADN. Cependant, Adolf ne veut pas le concevoir car cela impliquerait que la mort de son prédécesseur passerait aux oubliettes. Ainsi, rien ne change : l’armée entre dans St Kleio pour en faire sortir ses occupants.

Au moment où Adolf pénètre dans l’école, sa démarche fait penser beaucoup à celle de son original, et l’intervention de forces armées ne fait qu’accentuer cela. De plus, il considère les clones comme des « élus », donc comme une sorte de race supérieure, ce qui n’est pas sans évoquer la doctrine aryenne. Néanmoins, ce sont bien les seuls points communs vraiment observables entre le clone et son modèle, ce qui rend le personnage du manga moins antipathique que le dictateur.

Ici, il n’est nullement question de « race-vermine »; HITLER n’utilise l’armée que comme force de dissuasion et n’a pas l’intention de faire feu (il sera d’ailleurs sans voix en trouvant des cadavres d’élèves, car ce n’est pas ce qu’il avait prévu); et surtout, il ne cherche pas à enfermer les clones mais, au contraire, il veut les libérer : il veut faire le contraire de ce qu’a fait son modèle. Il revendique son statut de clone, mais il se détache explicitement de celui auquel il doit son patrimoine génétique : cela montre une identité qui lui est propre, ce qui rompt légèrement avec l’idée de peuple « élu » à laquelle il associe les clones.

Dans la même idée, on retrouve le clone d’EINSTEIN qui, pour le coup, est totalement différent de son modèle. Pire, il est presque parfois, dans l’impression qu’il dégage, plus proche du leader du IIIe Reich que du physicien ! Pour lui, il faut épurer les clones afin que chacun devienne un individu aux compétences et à l’ADN unique, et donc rare. On a l’impression d’avoir plus affaire à un scientifique partisan de l’eugénisme plutôt qu’à un physicien s’interrogeant sur la relativité. Dans ce sens, il devient alors proche du discours de Shiro : il n’est plus « EINSTEIN » qu’à travers son nom et son ADN, et plus du tout à travers ses actes.

Mais cela rend justement l’opposition assez confuse : si les opposants ont une attitude et/ou des paroles qui sont plutôt en accord, alors pourquoi s’opposent-ils au final ? Hormis la manière dont chacun met en œuvre cela, finalement, peu de choses les séparent. Ce débat, en plus, commence à être assez redondant. En effet, depuis le tome 1, voire depuis le chapitre 1, on est confronté au fait que certains clones ne souhaitent plus suivre les traces de leur modèle. Et cela est toujours au centre des discussions au dernier tome de la série, ce qui peut montrer que les discussions n’avancent guère depuis le début et qu’elles tournent en rond.

On a de plus en plus de mal à être touché par ce qui se dit, car cela devient trop répétitif et convenu : tout semble très mécanique, réglé autour d’une opposition schématiquement représentée entre un camp « Contre St Kleio » et un autre « Pour St Kleio ». De plus, on reste aussi énormément dans une opposition entre ceux qui considèrent les clones comme les humains à part entière, et ceux qui ne les considèrent que comme des objets ou des outils dont on peut se servir et qu’on peut jeter aisément, puisqu’un autre peut prendre sa place (et cela, une fois encore, est depuis longtemps questionné dans la série).

Dans l’idée de confusion et de répétition, on peut trouver préjudiciable le fait que Khi, l’un des clones du fondateur de l’école, n’ait plus sa cicatrice faciale qui permettait de le distinguer aisément des autres clones (surtout qu’il l’a toujours sur la couverture du tome). Ainsi, quand il est face à un autre clone du fondateur, si on n’a pas bien pris garde à qui porte quoi, on ne peut plus se baser que sur leurs paroles pour les distinguer (paroles qui, en plus, ajoutent à la redondance des discours). Les personnages finissent par se ressembler tous un peu, car ils ont très souvent des expressions faciales qui se retrouvent chez les uns et les autres.

Néanmoins, au niveau des dessins, même si les personnages se ressemblent beaucoup et que les décors sont très simplistes, on peut noter que SUEKANE arrive très bien à accentuer les positions de dominant et de dominé, d’oppressant et d’oppressé, grâce à un travail efficace sur les vues des personnages en plongée et en contre-plongée.

Malheureusement, cela ne fait pas tout, et cela ne permet pas de combler le sentiment de lassitude que pourrait ressentir le lecteur face à des dialogues et des situations trop souvent répétés. Pourtant, l’auteur avait amorcé des idées intéressantes dans les volumes précédents, comme celle concernant l’enlèvement de Florence NIGHTINGALE ou encore le jeu politique tournant autour de GREEN. Mais cela est sous-exploité, à tel point que si on n’a pas relu le tome 11 (sorti il y a six mois), on a du mal à se souvenir de qui est ce personnage « otage » de St Kleio, au moment où on le voit. De même, on peut oublier facilement quels étaient les desseins de GREEN, qui trouvent très (trop ?) rapidement leur conclusion.

En somme, SUEKANE s’est sans doute trop attardée sur l’aspect « lutte entre clones » et pas assez sur des aspects plus secondaires, mais assez intéressants. En revanche, sans spoiler, le dernier chapitre est assez décevant, car il n’apporte pas grand chose. Hormis une rapide résolution de certains points, le reste fait assez remplissage. On aurait pu s’en passer, comme le lecteur aurait peut-être préféré avoir une série plus courte, qui tourne un peu moins autour de son sujet.

En revanche, concernant l’édition de Ki-oon, on ne peut vraiment regretter qu’une seule chose : l’absence de pages couleurs. Pour le reste, on retrouve de très bonnes choses : le papier est de bonne qualité, il est bien épais sans l’être trop, il est agréable au toucher ; on retrouve une pagination efficace qui permet de savoir à quelle page on se trouve, et rendant utile le sommaire du même coup. Mais surtout, c’est le travail sur la jaquette qui mérite des éloges, car on voit, sur le devant, un vrai travail de jeu lumineux : on peut voir que le blanc et le noir du fond, en mat, fait ressortir les dessins en couleurs qui sont mis en relief et en brillant. Les lettres et les chiffres sont aussi mis en relief, palpable au toucher. L’éditeur nous offre un livre de très bonne qualité, qui permet de remonter notre impression concernant ce dernier tome, avec lequel nous quittons, un peu déçu, l’académie de St Kleio.

Après plus de 4 ans de publication, Ki-oon nous offre donc, en cette fin d'année, la conclusion d'Afterschool Charisma, qui nous interrogeait sur la question du clonage et de ses conséquences ainsi que sur ses implications morales. Nous avions laissé nos clones de St Klein en proie à une lutte fratricide entre ceux qui veulent détruire l'établissement qui se prend pour Dieu en créant des clones de personnalités à la chaîne, et ceux qui veulent défendre leur maison mais que l'opinion publique voit comme une usine à curiosités historiques. On se demandait alors comment tout cela allait pouvoir se terminer.…

Clone : humain ou objet?

Graphisme - 55%
Histoire - 41%
Mise en scène - 47%
Originalité - 53%
Edition - 77%
Dans son genre - 61%

56%

Clonage

La série, qui commençait sur une idée intéressante, s'est, au final, perdue dans cette idée. On reste trop souvent dans l'opposition entre le camp des défenseurs de St Kleio et celui des opposants, comme depuis plusieurs tomes. Certains points restent trop peu exploités. Dommage : la série ne restera qu'un agréable divertissement, qui ne marquera sans doute pas autant qu'on l'avait espéré.

A propos de L'Otak' des Lettres

L'Otak' des Lettres
Professeur otak' qui adore fouiller en profondeur l'essence des mangas, afin d'en dégager le bon et le moins bon.

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