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A nos amours 1

À nos amours – Tome 1

À nos amours – Tome 1 Éditeur : Kana
Titre original : Mon puchi yome wa furansu jin
Dessin : Jean-Paul NISHI
Scénario : Jean-Paul NISHI
Traduction : Corinne QUENTIN
Prix : 12 €
Nombre de pages : 168
Date de parution : 17/03/2017

Jean-Paul Nishi, auteur japonais, nous raconte dans ce manga tranches de vie sa rencontre avec sa future épouse Karen, une Française. Avec beaucoup d’humour et d’autodérision il dépeint la vie de couple, le mariage, la grossesse, la naissance du bébé et les anecdotes des mois passés à s’occuper du nourrisson à la maison, pendant que sa femme part travailler. C’est aussi l’occasion pour lui d’aborder toutes ces petites différences culturelles et normes sociales françaises qui étonnent, voir déstabilisent nos amis Japonais.

Alors que les précédentes oeuvres de l’auteur ont été publiées chez Philippe Picquier, c’est chez Kana que se retrouve le dernier Jean-Paul NISHIÀ nos amours. Dans ce titre, l’auteur nous raconte comment il a rencontré sa femme (la journaliste française Karyn POUPÉE devenue Karyn NISHIMURA-POUPÉE depuis) mais aussi ses difficultés à être parent.

Le dessin, disons-le dès le départ, ne plaira pas forcément à tous ceux qui recherchent un trait fin et hyper stylisé. Le style de NISHI est simple et efficace. Le mangaka cherche à faire du fonctionnel. Il utilise ce dont il a besoin pour illustrer son propos.
Il n’a aucun problème au niveau de la technique et se débrouille pour varier les angles, les plans mais aussi les expressions au maximum. Ainsi, même si certaines cases peuvent paraître un peu vide (il n’y a pas beaucoup d’arrière-plans), le lecteur n’aura jamais vraiment de revoir plusieurs fois la même chose.

Ce qui fait la force du titre, c’est son trio de héros. NISHI, sa femme et leur enfant portent l’oeuvre sans faiblir. Le narrateur, souvent paumé, même chez lui, découvre des choses qui lui étaient complètement inconnues grâce à sa femme qui rend « impossibles » certaines choses qu’ils considéraient comme très simples comme… regarder la télévision.

En ancienne professionnelle de l’audio-visuelle, la femme en question est équipée et ne peut pas concevoir son lieu de vie sans son projecteur et son home cinéma. Le mangaka, au début de leur relation (et même un peu après en fait), est clairement dépassé par le choc culturel et fait passer sa femme pour une véritable excentrique alors que pour un français, ce qu’elle fait n’a rien de dingue.

La chose intéressante, c’est que NISHI rend évident cette différence entre son style de vie et celui de sa femme de manière presque immédiate. Même le lecteur français qui trouvera les actions de la conjointe « normales » comprendra qu’elle est « hors normes » aux yeux de l’auteur. C’est un peu difficile à expliquer mais l’idée est là.

En tout cas, on notera que c’est la femme qui fait le plus d’efforts puisque c’est elle qui a déménagé au Japon, qui apprend la langue et qui essaye de s’intégrer au maximum. NISHI, de son côté, apprend quelques mots mais ne semble pas vraiment faire de progrès, au point de se faire doubler… par son propre fils !

Eh oui, le point central du titre n’est autre que l’arrivée du produit de l’amour du couple. Une fois le petit entré en scène, NISHI ne semble plus du tout (ou presque) se préoccuper des différences culturelles qui peuvent l’opposer à sa femme, c’est le fils qui domine son champ de vision.

Évidemment, grandir avec des parents qui parlent deux langues différentes est un sacré avantage pour les éponges que sont les enfants. NISHI Jr (son « nom » qui n’est pas le vrai, n’est donné qu’à la toute fin du tome) va bien sûr en profiter et parlera en français avec sa mère mais en japonais avec son père et ira même jusqu’à choisir le langage qui l’arrange, souvent celui dans lequel les mots sont les plus courts !

La façon dont l’auteur tourne les scènes du quotidien est assez géniale. Il réussit à transformer des choses totalement banales en crises d’urgences avec ce petit grain de folie qui caractéristique les auteurs humoristiques japonais.
S’il y a une chose que l’on regrette, c’est de ne pas avoir quelques bonus en yonkoma (gags en 4 cases). L’auteur aurait pu en insérer quelques uns et probablement faire mouche dans ce format aussi.

Le découpage en épisodes marche plutôt bien (le contenu est bien dosé) et permet d’espacer un peu la lecture. Malgré ses 168 pages, il y a pas mal de texte et pourra sembler assez dense aux plus jeunes. Pour les adultes, rassurez-vous, ça se lit assez bien d’un coup (et ce, malgré une syntaxe qui pourra sembler un peu forcée voire lourde).

Pour l’édition, Kana a utilisé son format Made In classique : même taille et même type de papier que sur les derniers volumes de la collection. Malheureusement, il n’y a pas de pages en couleur pour venir donner un petit plus.
Compte tenu du propos, l’éditeur a aussi fait le choix du sens français, ce n’est pas vraiment dérangeant pour ce type d’histoire et le tout passe plutôt bien.
Il y a quand même un petit bémol et il se situe au niveau de la traduction. Quelques phrases restent assez lourdes pour une oeuvre qui se veut sur un ton humoristique. On sent que l’éditeur est repassé au niveau de l’adaptation mais n’a pas réussi à réellement optimiser le texte, certaines références seront donc malheureusement perdues…

Alors que les précédentes oeuvres de l'auteur ont été publiées chez Philippe Picquier, c'est chez Kana que se retrouve le dernier Jean-Paul NISHI, À nos amours. Dans ce titre, l'auteur nous raconte comment il a rencontré sa femme (la journaliste française Karyn POUPÉE devenue Karyn NISHIMURA-POUPÉE depuis) mais aussi ses difficultés à être parent. Le dessin, disons-le dès le départ, ne plaira pas forcément à tous ceux qui recherchent un trait fin et hyper stylisé. Le style de NISHI est simple et efficace. Le mangaka cherche à faire du fonctionnel. Il utilise ce dont il a besoin pour illustrer son propos. Il n'a aucun problème au niveau de la technique et…

Vis ma vie de mari étranger

Graphisme - 66%
Histoire - 70%
Mise en scène - 82%
Originalité - 71%
Edition - 66%
Dans son genre - 78%

72%

Akambébé

On peut dire ce qu'on veut, NISHI est un très bon conteur et il sait parfaitement mettre en valeur des petits événements de rien du tout. Avec lui, le petit caprice d'un enfant peut devenir un acte d'une violence inouïe pour le parent. En tout cas, il nous prouve que le mélange des cultures peut donner des couples tout à fait délicieux à découvrir.




A propos de Ours256

Ours256
J'aime bien regarder des trucs chelous... et les langues aussi.

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