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07-Ghost - Tome 17

07-Ghost – Tome 17

07-Ghost – Tome 17 Éditeur : Kazé Manga
Titre original : 07-Ghost
Dessin : Yukino ICHIHARA
Scénario : Yuki AMEMIYA
Traduction : Frédéric MALET
Prix : 7.99 €
Nombre de pages : 194
Date de parution : 02/12/2015

L’Œil de Michael ne répond plus. La seule solution que Frau a trouvé pour ne pas avoir à tuer de ses mains Teito et pour éviter la libération de la boîte de Pandore est de fusionner avec la faux de Verloren. Incapable d’accepter le sacrifice de son mentor, le garçon se laisse guider par une mystérieuse jeune femme et décide de pénétrer les profondeurs psychiques de son compagnon. Là, il lui promet de se battre à ses côtés. L’ultime combat contre Ayanami  venu récupérer le corps et la faux de Verloren est sur le point de commencer…

Trois mois après la parution du tome 16, et après plus de cinq années de parution en France, nous voici donc avec la conclusion de 07-Ghost entre les mains. C’est le moment de voir ce qu’on attendait depuis longtemps : la confrontation entre Teito, porteur de l’Oeil de Michael, et le Général Ayanami qui est responsable des nombreux malheurs du jeune homme.

07-Ghost

Cependant, avant cette confrontation, une chose reste à régler : le sauvetage de l’âme de Frau par Teito. On a alors un moment très symbolique puisque le jeune homme va sauver des ténèbres celui qui lui a sauvé la vie dans le tome 1. Les rôles sont inversés, ce qui permet de donner à Teito une figure héroïque plus flagrante et plus forte qu’auparavant. On peut d’ailleurs voir que ce sentiment est accentué par une analogie faite entre le sauvetage de Teito et celui accompli par l’ancien Zehel. Si vous vous demandez qui est l’ancien Zehel, c’est que vous venez de toucher l’un des gros défauts de ce tome : la confusion dans les personnages et les lieux.

Il faut être franc, si on n’a pas relu le tome 16 voire le tome 15, il devient difficile de se souvenir de la position des personnages à ce moment du récit, ou qui est celui appelé « Prophet » ; la faute sans doute au délai de parution assez chaotique et long de la série, qui a complexifié davantage une intrigue qui l’était déjà à la base. De plus, le manque de pertinence du résumé en début de tome rajoute à ce sentiment de confusion. En effet, celui-ci part du tome 1 et va jusqu’au tome 16, en passant donc immanquablement sous silence certains points.

Ce résumé aurait été bien meilleur si, au lieu de rappeler trop rapidement tout ce qui a pu se passer dans la série, il s’était simplement contenté de reprendre les éléments importants des tomes 15 et 16. Au final, le résultat aurait été le même s’il n’y avait pas eu de résumé en début de volume. Heureusement, le texte en quatrième de couverture (que vous pouvez retrouver en début de chronique) permet de relier certains éléments passés avec ce qu’on a sous les yeux en lisant le dernier tome de 07-Ghost.

Il faut pourtant se concentrer pour bien suivre le récit. La prolepse entre Eve, que par association d’idées, on suppose être la jeune fille qui guidait Teito dans le tome précédent, et Verloren arrive très brutalement, sans lien avec la fin du chapitre précédent. On passe d’un seul coup de la fin de l’affrontement entre Ayanami et Teito (dont je parlerai après) à ce prolepse qui commence in medias res. La confusion se développe encore plus : on se demande pourquoi tout arrive si soudainement, et surtout si tard, comme si les auteurs voulaient le mettre à tout prix avant la conclusion du récit.

Ce n’est d’ailleurs pas le seul moment où on a l’impression qu’un élément scénaristique est inscrit de force : l’ensemble du tome semble être fait pour se conclure le plus vite possible, en ajoutant le plus d’éléments possibles, comme un bloc. Seulement, énormément de points du scénario sortent du chapeau des scénaristes : aucun indice n’était vraiment perceptible dans les tomes précédents, ou alors ils n’étaient pas assez marquants pour qu’on s’en souvienne.

Prenons un exemple concret. On apprend les véritables raisons d’Ayanami, qui peuvent être assez intéressantes puisqu’elles contrastent avec l’image qu’il dégageait auparavant. Néanmoins, on est assez mitigé, car outre le fait que ces intentions sont assez classiques, elles ont l’air d’avoir été soudainement imaginées par les auteurs, justement parce que ça permettrait de nuancer le personnage. Il y a vraiment peu de logique et de vraisemblance. On est forcé d’accepter les choses.

La conclusion du tome dans son ensemble pourrait se résumer à deux mots : « Deus Ex Machina » et « Déjà-vu ». Les faits se terminent par une pirouette scénaristique maintes fois vue dans les mangas et la littérature ; en un coup de baguette magique les auteurs évitent les explications et résolvent tout. Il faut bien comprendre qu’avoir une base connue, quand on crée une oeuvre, est réconfortant pour le lecteur, car il retrouve un terrain qu’il connaît, il n’est pas perdu. En revanche, finir une série sur un Deus Ex Machina qui arrange tout et sur des éléments assez classiques (en le lisant, on peut directement penser à la fin de Tales of The Abyss par exemple) n’est pas toujours une bonne chose.

C’est malheureusement le cas de 07-Ghost. On clôt le livre en se demandant : « … C’est tout ? Tout ça pour en arriver là ? ». « C’est tout ? » est également la question qui se pose vis à vis du duel entre Teito et Ayanami. Rentrer dans les détails n’est pas nécessaire, puisqu’en même pas dix pages, c’est réglé. Il faudra encore revenir dessus à plusieurs reprises, car des personnages vont parler de ce duel, sauf qu’en en parlant, ils évoquent des détails qui sont soit invisibles dans le dessin, soit illogiques avec les planches qu’on a sous les yeux. On ne comprend plus ce qu’on voit et ce qu’on lit, comme si les auteurs avaient dessiné quelque chose et qu’en cours de route, une autre idée avait surgi.

Malgré ces lacunes scénaristiques, il faut reconnaître que le trait est beau, ne serait-ce qu’à travers la très bonne transcription des émotions des personnages. On prend plaisir à regarder les images. L’édition de Kaze met en valeur cela, grâce à un beau papier agréable au toucher. De plus, concernant les dessins colorisés, la jaquette plastifiée fait ressortir les couleurs (surtout les yeux de Teito), tout comme le dessin en début de tome. Néanmoins, pour l’épaisseur de tome, on peut se demander si le rapport qualité-prix est correct.

Une mention spéciale peut être donnée à une parole qu’on voit vers la fin du tome, qui résonne un peu avec l’actualité et qui donnerait envie d’être suivie par chacun : « La vengeance ne t’apportera rien. Même si tu tues la personne que tu hais, cela ne te sauvera pas ». Il n’est pas étonnant d’avoir une morale aussi christique, dans un manga où la religion est un des moteurs de certains personnages.

Trois mois après la parution du tome 16, et après plus de cinq années de parution en France, nous voici donc avec la conclusion de 07-Ghost entre les mains. C'est le moment de voir ce qu'on attendait depuis longtemps : la confrontation entre Teito, porteur de l'Oeil de Michael, et le Général Ayanami qui est responsable des nombreux malheurs du jeune homme. Cependant, avant cette confrontation, une chose reste à régler : le sauvetage de l'âme de Frau par Teito. On a alors un moment très symbolique puisque le jeune homme va sauver des ténèbres celui qui lui a sauvé la vie…

Une fin convenue

Graphisme - 67%
Histoire - 45%
Mise en scène - 50%
Originalité - 39%
Edition - 70%
Dans son genre - 49%

53%

Salvation

Finalement, la série aura été davantage porté par son dessin que par son scénario. On ne doute pas que les auteurs ont voulu bien faire, mais le scénario se termine sur une note décevante. Souhaitons-leur que leur prochaine série sera meilleure que celle-ci.

A propos de L'Otak' des Lettres

L'Otak' des Lettres
Professeur otak' qui adore fouiller en profondeur l'essence des mangas, afin d'en dégager le bon et le moins bon.

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