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[Dossier] Bilan de l’année manga 2016 : les tops, les flops, l’état du marché…

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Overlord Tome 1 – Le Roi Mort-Vivant

Overlord Tome 1 – Le Roi Mort-Vivant Éditeur : Ofelbe
Titre original : Overlord
Auteur(s) : Kugane MARUYAMA
Illustrateur : so-bin
Traduction : Yoan GIRAUD
Prix : 21.9 €
Nombre de pages : 528
Date de parution : 11/05/2017

Nous sommes en l’an 2138. Yggdrasil, le célèbre jeu de rôle en ligne est sur le point de fermer. Momonga, nécromancien Mort-Vivant, chef de la puissante guilde « Ainz Ooal Gown », attend seul l’arrêt du jeu. Cependant, l’heure de la fermeture passée, Momonga n’est pas deconnecté et se retrouve propulsé dans un monde inconnu. Prisonnier, le seigneur maléfique part à la découverte de terres hostiles. Pour survivre, une seule solution s’impose à lui : conquérir le monde.

Alors que depuis quelques années, les light novels sont devenus le nouvel Eldorado de l’animation japonaise, on peut trouver par chez nous de plus en plus de ces livres, et notamment de plus en plus qui ne sont pas des spin-of de manga à succès. C’est le cas de cet Overlord que nous allons déterrer ici.

Voici la toute dernière sortie des éditions Ofelbe, Overlord : Le Roi Mort-Vivant, de Kugane MARUYAMA, disponible chez nous depuis mai 2017, et dont il existe une adaptation en anime de douze épisodes sur ADN et un manga disponible chez les éditions Ototo dont nous vous avions parlé il y a quelques mois.

Momonga n’a pas une vie trépidante : simple employé de bureau célibataire, seul son avatar dans le DMMO-RPG Yggdrasil est digne d’intérêt, et ça tombe bien puisqu’il se retrouve à vivre dans ce monde fantastique en même temps que les PNJ prennent vie. Plutôt que de vouloir rentrer dans son monde, il compte bien utiliser la puissance qu’il a accumulé durant toutes ces années de jeu pour survivre, et éventuellement conquérir ce nouveau monde.

Alors oui, cette nouvelle fiction est encore centrée sur quelqu’un de prisonnier d’un monde virtuel, mais ce n’est pas un problème : à force d’occurrence, ce thème tend à devenir un genre à part entière, comme la science-fiction ou la fantaisie, développant ainsi ses propres codes et enjeux. Certains pourraient dire que c’est juste un sous-genre un peu trop invasif mais bon… je vous laisse vous faire votre propre idée.

Le titre a comme particularité d’être très pointilleux et précis dans ses règles, construisant ainsi un MMO bien défini dans son type de gameplay.
Le côté technique viendra plus de l’accumulation d’informations, relatives au jeu ou aux personnages, que de l’utilisation de termes propres aux jeux vidéos, ce qui permet à un néophyte en la matière de quand même comprendre sans chercher la signification de chaque mot, à l’exception à la rigueur des armes et armures médiévales (et c’est là où avoir « farmé » un jeu comme Diablo 2 aide beaucoup).

En terme d’histoire, on va suivre notre seigneur mort-vivant téléporté dans un monde étrange, qui va devoir vite s’habituer : il devra faire preuve de la plus pure logique pour résoudre chaque problème qui se présentera à lui. Du coup, les raisonnements seront les plus froids possibles et la recherche d’information sera sa principale motivation, tout ça pour survivre.
On aura donc un fil de pensée assez calculateur qui structure bien le récit et qui permet de se repérer dans l’action. Les actes de notre héros nous paraîtront logiques, même ceux qui d’ordinaire seraient plus adressés aux lecteurs qu’au récit, comme par exemple lorsqu’il touche la poitrine d’Albedo qui pourrait être du fan-service, mais qui est ici bien expliqué.

Après ça, le fan-service est quasiment inexistant, les seuls moments de « dialogue » avec le lecteur seront ceux le décrivant comme un anti-héros mais un bon gars quand même. Dans la fiction, en général, ce sont toujours des passages très compliqués car le personnage doit être méchant mais pas trop pour dégoûter le lecteur.
Dans le cas présent, c’est plutôt bien réussi (en tout cas plus qu’une grosse majorité de la production) : notre héros ne s’en prendra jamais à des innocents mais ne les aidera pas spontanément non plus ; et sans être cruel avec les autres, il sera froid et indifférent, au point que leur mort dans des expériences qu’il mènera ne le dérangera pas plus que ça.

Cette particularité d’Overlord amène un point assez important : l’univers est assez sombre, on est dans de la dark fantasy et pas uniquement parce qu’on a un nécromancien, il y a des guerres, des morts, des sévices et des espoirs brisés. Ce côté là, le roman ne l’oublie jamais, même avec les serviteurs de Momonga, très attachants et pleins de fraternité entre eux, mais qui considèrent les humains comme des insectes.

On a donc, avec tout les serviteurs du tombeau de Nazarick, un bon groupe de personnage très intéressant en sus du protagoniste, avec leur personnalité de non-humains et surtout de création des membres de la guilde. On les découvrira non seulement à travers les yeux (ou plutôt les orbites) du roi mort-vivant, mais aussi dans des petits interludes qui leurs sont dédiés où on les voit interagir entre eux et interpréter les actes de leur maître.

Les autres personnages secondaires auront aussi un développement qui n’hésitera pas à ne pas contextualiser les informations, ce qui est plutôt bien fait car donnant une impression de consistance dans l’univers et faisant écho avec les données que l’on obtiendra plus tard. Même le moindre méchant aura sa petite histoire, sa motivation, ce qui n’apporte pas forcément quelque chose, mise à part leur vacuité face à la force écrasante de leur adversaire, mais ce n’est pas désagréable.

L’alchimie de ces éléments fait qu’on a tout d’abord un rythme assez lent dans la première partie, dû à la recherche d’informations et à la prudence du héros, mais on atteint un rythme de croisière assez rapidement et la seconde partie passe très vite, notamment grâce à de bons passages enchaînant les points de vue pour aller au centre de l’action et de l’intrigue.

Pour finir, parlons de l’édition.
Le livre est épais avec une couverture rigide ornée d’une magnifique illustration. On trouvera à l’intérieur, au début et à la fin, des triples pages en couleur recto-verso en papier glacé, ainsi que pour chaque début de chapitre une illustration couleur sur papier livre.
Le style graphique est un peu manga mais surtout très dark fantasy, avec des armures lourdes, des monstres et des semi-humains, le tout avec beaucoup de détails et de la couleur donnant une superbe ambiance. C’est beau, c’est dynamique et ça donne le ton, même la page couleur de pub pour la série animé sur ADN à la fin fait pâle figure à côté (alors même que la réalisation est très bien faite).
Petit détail qui fait plaisir : à la fin, on retrouve des fiches de personnage qui décrivent les caractéristiques de quelques protagonistes, c’est bien pensé et c’est beau alors pourquoi s’en priverait-on ?

"Le monde entier vous appartient."

Histoire - 75%
Exécution - 62%
Originalité - 68%
Illustrations - 81%
Édition - 75%
Dans le genre - 79%

73%

Mort ou Vivant ?

Nouveau venu des éditions Ofelbe, Overlord a beau emprunter à un genre très prisé en ce moment, il n'en reste pas moins très plaisant à lire grâce à un charme qui lui est propre. Dark fantasy bien fournie et détaillée, on prendra plaisir à parcourir ses lignes et ses superbes illustrations.




A propos de Ithaqua

Si c'est sombre, glauque ou tout mignon, j'en fais mon affaire, tant qu'il y a quelque chose derrière.

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