Publicité


Accueil / Chroniques Manga & Animé / Chroniques Animé / Psycho-Pass – Édition létale – Volume 1

Psycho-Pass_Image_a_la_une
© PSYCHO-PASS Committee

Psycho-Pass – Édition létale – Volume 1

Psycho-Pass – Édition létale – Volume 1 Éditeur : Kana Home Video
Titre original : PSYCHO-PASS Shinpen Shuu Han
Créateur original : Gen UROBOCHI
Format : Série TV
Episode(s) : 11
Durée : 24 min
Studio : Production I.G.
Réalisateur : Motohiro KATSUYUKI
Character designer : Akira AMANO
Site officiel

Dans un futur proche, il est possible de mesurer instantanément et connaître l’état d’esprit et la personnalité de chacun. Même les données concernant la criminalité sont anticipées. Ces informations sont ensuite enregistrées et traitées par le gouvernement. Les inspecteurs de PSYCHO PASS sont alors responsables de maintenir l’ordre du Nouveau Monde. L’histoire est centrée autour de l’agent de terrain, Shinya Kogami, membre du Bureau d’investigation criminelle et de la nouvelle recrue, Akane Tsunemori.

Ne plus avoir à se soucier de l’avenir, se laisser guider par un être omniscient et omnipotent nous assurant le meilleur. Protéger les citoyens avant même qu’un crime n’arrive et empêcher les malfaiteurs d’agir, cela serait-il une bénédiction ou une malédiction ?

C’est une bonne question que l’on pourrait se poser en regardant Psycho-Pass, une œuvre originale du studio Production I.G. (Ghost in the Shell, Fate Zero, Blood : The Last Vampire), scénarisée par Gen UROBUCHI (Fate Zero, Suisei no Gargantia, Puelle Magi Madoka Magica) et éditée chez nous en coffret DVD/Blu-ray par Kana Home Vidéo mais aussi en streaming sur ADN (pour la version longue) et Netflix.

Psycho-Pass_vol1_Image_1
© PSYCHO-PASS Committee

Dans une société futuriste, où la technologie est reine, on arrive à trouver un concept aussi abstrait et spirituel que l’âme. Un système pouvant la décortiquer peut alors être considéré comme le juge suprême du bien et du mal, ne laissant plus à l’homme son mot à dire. C’est sur ce premier postulat que se base la série : un monde où peut être analysé l’esprit des gens à travers le psycho-pass.
Là où la vie d’une personne est déterminée par un scan et par la pression d’une gâchette, l’introduction du personnage d’Akane Tsunemori va chambouler cette conception des choses en apportant un nouvelle vision de la justice et du libre-arbitre.

Tout au long des épisodes, on voit une société habituée à ne plus décider par elle même mais par l’intermédiaire du système Sibylle. Pour situer l’œuvre, c’est un mélange entre 1984 et Le Meilleur des Mondes, une société se disant parfaite mais cachant son lot d’horreur et de déviances à coup de censure.

Psycho-Pass_vol1_Image_3
© PSYCHO-PASS Committee

Si le libre-arbitre est le thème principal de la série, de nombreuses autres pistes de réflexion viendront se greffer, lors d’arc (de un à trois épisodes) comprenant une enquête sur un sujet dédié.
On aura ainsi droit à un questionnement sur l’anonymat sur internet et les personnes derrière les avatars, mais aussi sur l’art et son utilité dans une société dénuée des concepts de bien et de mal. Il y a juste de quoi donner de quoi réfléchir au spectateur et le propos ne se fait jamais pesant.

L’intelligence de la série ne se limite pas à ses thèmes abordés, elle sera une véritable ouverture culturelle à d’autres œuvres littéraires. On trouvera cités, sans excès de pédanterie, ORWELLSHAKESPEARE ou KIERKEGAARD, qui viendront appuyer le propos de certains personnages.
Avoir un tel apport de culture non-japonaise dans un anime est rare et clairement bienvenu.

Psycho-Pass_vol1_Image_2
© PSYCHO-PASS Committee

Si tous les personnages n’ont pas un livre pour les définir, il n’en reste pas moins que les personnages sont très bien écrits. Akane est hésitante et en proie au doute mais ses convictions et sa soif de justice lui permettent un développement rapide et logique.
Kogami est l’un des intervenants majeurs de la série : sa détermination et son intelligence sauront captiver le spectateur.
Les autres investigateurs seront moins mis en avant mais un trait de leur personnalité sera plus développée pour leur conférer ce qu’il faut d’originalité : l’un est un blagueur et dragueur, l’autre est musicienne entretenant une relation homosexuelle avec une collègue, le tout sans que cela ne prenne le pas sur le récit ou ne l’alourdisse.

Psycho-Pass_vol1_Image_4
© PSYCHO-PASS Committee

Les antagonistes auront une toute aussi bonne écriture. Leurs motivations seront claires et un certain charme saura se dégager d’eux, une sorte d’attrait macabre. C’est surtout vrai pour l’antagoniste principal qu’est Makishima Shojo, à la fois intrigant et charismatique, on a envie de voir jusqu’où iront ses projets.

L’animation des personnages est très détaillée et qualitative, leur donnant une vie et une consistance plus importante encore. Le travail fait sur certains personnages est vraiment époustouflant : l’apparition d’un cyborg saura parfaitement nous donner les sensations de la Vallée dérangeante. Pour le reste, tout est fluide et dynamique, on a juste un peu de 3D grossière pour les mains.

Cette impression de distance pourra aussi se trouver dans une esthétique très froide, à cause de la blancheur des personnages et de l’urbanisme, le tout dans des décors travaillés. Les seules véritables couleurs de cette villes viendront en fait des crimes perpétrés (la violence n’est pas à négliger).
On sera alors plongé dans des ambiances qui sortiront le grand jeu pour que le spectateur ressente le frisson de la scène, notamment lorsqu’il sera question d’art dans des moments où l’imagerie proposée sera aussi sublime que glauque.

Les musiques proposées ne sont pas en reste et même si elles ne sont pas très variées, elles sont mémorables et collent très bien à l’action. On aura même le droit à un peu de classique avec l’Hymne à la joie lors de l’un des meilleur moment de ce volume.

Au niveau de l’édition, c’est sommaire : on a un étui souple et un peu trop fragile. Le contenu des DVD/Blu-ray est convenable même si deux coquilles dans les sous-titres viendront écorcher vos yeux dans le premier épisode et qu’il y aura un petit moment où ils seront mal synchronisés.
Pour la VF, les voix ont généralement le problème de paraître un peu trop âgées pour les personnages, le timbres différant de beaucoup avec les voix de la VO, mais il faut souligner que les dialogues sont bons et plus personnels que dans les sous-titres.

"Telle est la grâce accordée aux Hommes par Sibylle"

Histoire - 81%
Character design - 85%
Réalisation - 77%
Animation - 81%
Son - 75%
Edition - 45%
Dans son genre - 95%

77%

Dominant

Psycho-Pass se pose comme un incontournable du genre avec son excellent character design, son histoire fouillée et son animation aux petits oignons. Au final, on ne peut qu'être déçu que son édition physique ne lui fasse pas honneur.




A propos de Ithaqua

Si c’est sombre, glauque ou tout mignon, j’en fais mon affaire, tant qu’il y a quelque chose derrière.

Laisser un commentaire

[the_ad id="59920"]