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©SOTSU SUNRISE MBS

Moblie Suit Gundam : Iron-Blooded Orphans

Moblie Suit Gundam : Iron-Blooded Orphans Éditeur : Wakanim
Titre original : Mobile Suit Gundam : Tekketsu no Orphans
Créateur original : Tomino YOSHIYUKI, Hajime YATATE
Format : Série TV
Episode(s) : 50
Durée : 24 min
Studio : Sunrise
Réalisateur : Tatsuyuki NAGAI
Character designer : Yu ITOH
Site officiel

Post Disaster 323, 300 ans après un grand conflit entre la Terre et la colonie de Mars connu sous le nom de « la Guerre des Calamités », la relation entre les deux planètes n’est toujours pas au beau fixe. Kudelia Aina Bernstein, une représentante de la ville martienne Chryse se met en route vers la Terre afin de parler de la volonté d’indépendance de la planète rouge. Elle est escortée durant son voyage par le CSG (Chryse Guard Security), une compagnie privée dans laquelle travaillent Mikazuki Augus et Orga Itsuka. Profitant d’une attaque de Gjallahorn, le despotique mouvement de maintien de la paix Terrien, Orga saisi l’opportunité de se libérer de leurs oppresseurs en déclenchant un coup d’Etat. Mikazuki et Orga se voient donc propulsés dans un nouveau conflit durant lequel ils combattront avec le Gundam Barbatos, Mobile Suit datant de la Guerre alimenté par un réacteur nucléaire.

Qui n’a jamais entendu parler de Gundam ? Une franchise forte de plus de trente-cinq ans d’existence et étant un incontournable du genre mecha. Faisant partie des meilleurs ventes au Japon mais réservée à un petit cercle d’initié en France, c’est le moment avec cette nouvelle série, Iron-Blooded Orphans, de plonger dans une saga mythique renouvelée.

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©SOTSU SUNRISE MBS

Moblie Suit Gundam : Iron-Blooded Orphans (de son acronyme IBO) est une série originale des studios Sunrise (Cowboy Bebop, Love Live, Tiger & Bunny) toujours basée sur la série d’origine de Tomino YOSHIYUKI mais ce dernier ne s’occupe plus du scénario (heureusement, vu ce qu’a été Reconquista in G) car confié à Mari OKADA (Kiznaiver, Selector Infected WIXOSS, Lupin III: une femme nommée Fujiko Mine) et qui a été diffusé chez nous en VOD à partir d’octobre 2015 sur Wakanim et Crunchyroll.

Dans un monde où Mars a été colonisée depuis plusieurs siècle, la misère règne sur la planète rouge où la violence et la mort sont omniprésentes et ce sont les enfants qui en souffrent le plus. Beaucoup d’orphelins sont contraints de devenir des enfants soldats et de subir l’opération Alaya-Vijnana, leur permettant de contrôler des mecha par commandes cérébrales, mais les faisant devenir des rebuts de la société : des débris humains.
C’est le cas d’Orga et de Mikazuki, membres du CGS, qui se verront un jour chargés de la protection de Kudelia Aina Bernstein, une indépendantiste martienne idéaliste. Profitant de la trahison de leurs supérieurs et de l’acquisition du Gundam Barbatos, ils prendront le contrôle du CGS qu’ils renommeront Tekkadan et tenteront de créer une famille pour tous les débris humains.

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©SOTSU SUNRISE MBS

Comme vous avez pleut-être pu le constater, le ton et les thèmes de la série ne sont pas particulièrement joyeux. En plus de toute la misère et de la discrimination, on a une violence banalisée, pas dans le sens gore ou spectaculaire, mais les personnages n’hésiteront pas à tuer de sang-froid, même s’ils sont mineurs. Avoir une moralisation de la vie et de la mort de la part des enfants soldats aurait été une grave erreur, et le fait d’avoir pensé à ne pas l’inclure permet des réflexions souvent justes sur la morale et l’éthique tout au long de la série.

De plus, l’esthétique globale est aussi là pour renforcer ce ton assez sombre.
D’une part, on a un graphisme assez terreux, poussiéreux, rien de vraiment lisse et brillant. On a aussi affaire à un character design terre-à-terre (ou mars-à-mars comme vous voulez) avec des personnages qui ne sont pas faits pour être des cannons de beauté : on a des traits durs, des traits juvénile, des gros, des vieux, etc., tout sauf une simulation de boy’s band. Si on excepte deux ou trois coupes de cheveux un peu farfelues, on a un design adapté à chaque personnage et à son statut social.

Autre chose encore, la série se permet une imagerie très forte qui, sans être trop appuyée ou forcée, sous-entends pas mal de choses assez horribles : sévices, prostitution de mineurs… on ne s’attend pas à avoir quelque chose d’aussi fort, mais avoir une série qui va au bout des choses, ça fait du bien dans le paysage de l’animation japonaise.

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©SOTSU SUNRISE MBS

Avant que la description ne vous fasses sombrer dans les abîmes du désespoir, sachez que Gundam, c’est aussi de l’aventure, une quête d’espoir pour un futur meilleur, où certes, des idéaux seront balayés et où de nombreux camarades mourront (avant de voir leur rêve se réaliser) dans un dernier chant du signe couronné ou non de succès, mais ça reste une belle aventure… Comment ça, c’est pas crédible ?!
Blague mise à part, on a au départ un schéma assez simple d’une mission à remplir pour Tekkadan, et petit à petit viendront se greffer tous les problèmes dus à la gestion d’un groupe militaire, avec les concepts d’alliance, de confiance et de trahison. Pour résumer, on pourrait vraiment comparer le développement à un éveil au monde, à la conscience de l’entourage et à la complexité d’interagir avec les gens, car au fur et à mesure que la situation évolue, de plus en plus de conséquences découlent des actes de nos héros, amenant à des situations où même une victoire ne suffit pas à résoudre entièrement le conflit.

À cause de la nature guerrière de l’organisation, de nombreux combats auront lieu et ils sont l’une des plus grande force de la série. Le premier état de fait est qu’ils sont magnifiques : tous les mobil suits (dont les Gundams), aussi détaillés soient-ils, sont entièrement animés à la main (un exploit que seul Sunrise réalise), ce qui donne des affrontements nerveux, dynamiques, détaillés et très puissants.
La mise en scène sait être très intelligente et versatile, avec des scènes à vingt-quatre images d’animation par seconde de qualité entrecoupé d’image plus fixes auxquelles ont été insufflé un certain mouvement.

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Au passage, on peut admirer le travail de mecha design, qui est très fonctionnel et qui ne se sacrifie pas à l’esthétique : les modèles de série ne ressemblent pas à des voitures tunées, seuls les Gundams sortiront leur épingle du jeu, normal pour des modèles uniques.
Les autres unités mécaniques sont dans le même genre, en plus discrètes, et même les vaisseaux en 3D ne sont pas désagréables.

De même, les musiques donneront une vraie plus-value aux combats, avec des thèmes martiaux de très bonne qualité et mémorables (surtout celui du Barbatos). Attendez-vous à les avoir dans la tête un bon moment (ils éclipseront un peu les thèmes plus calmes mais ces derniers n’en restent pas moins bons). Pareil pour les bruitages qui transmettent bien la force des actions.

L’autre point important au niveau des batailles, c’est qu’elles sont bien amenées et résolues : les conflits auront une bonne raison d’éclater et il arrivera que les victoires militaires soient un moyen et non un but (car permettant d’arriver à des négociations qui amélioreront la situation) et donc par extension si un combat ne sert à rien alors la fuite sera privilégiée.

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©SOTSU SUNRISE MBS

On peut avoir un constat un peu plus mitigé pour les personnages. En premier lieu, ils sont justes, c’est à dire que leur fonction scénaristique est cohérente et bien appuyée : c’est le cas surtout pour les haut-gradés de Gjallahorn qui cristallisent les problèmes de l’organisation comme combattre pour l’honneur et non pour une question de vie ou de mort, ou encore une justice cruelle et impitoyable car persuadée d’avoir raison… Les exemples ne manquent pas et même le côté naïf de Kudelia est bien utilisé pour contraster avec le propos dur de la série.

Quelque chose aussi de très rare, c’est que ces personnages ont un discours intelligent et juste, même à l’aune de la fiction : on a toujours dans les animes un moment où le héros va prendre une décision capitale et où un antagoniste va tenter de le raisonner par une réflexion logique. Généralement, on roule des yeux et on dit « laisse le faire, c’est le héros, ça va bien se passer », mais pas là. Le fait est que les situations titillent beaucoup avec la morale, en envoyant des enfants soldats dans un cercle vicieux de violence, ce qui enlève le côté trop terre-à-terre du moment et lui permet de garder sa porté.

Au delà de ça, on peut trouver de bonnes relations entre les personnages, de bonnes complicités et de bonnes liaisons, mais au final, que pour un nombre assez restreint. Ainsi, pas mal de protagonistes vont avoir un développement assez limité, alors même qu’on les suivra durant toute la série. Seul les principaux auront un peu de développement, un peu d’histoire, certains liens sont d’ailleurs un peu trop jetés là pour faire de l’émotion et ça a un peu trop tendance à tourner autour de Mikazuki…

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Qui n'a jamais entendu parler de Gundam ? Une franchise forte de plus de trente-cinq ans d’existence et étant un incontournable du genre mecha. Faisant partie des meilleurs ventes au Japon mais réservée à un petit cercle d'initié en France, c'est le moment avec cette nouvelle série, Iron-Blooded Orphans, de plonger dans une saga mythique renouvelée. Moblie Suit Gundam : Iron-Blooded Orphans (de son acronyme IBO) est une série originale des studios Sunrise (Cowboy Bebop, Love Live, Tiger & Bunny) toujours basée sur la série d'origine de Tomino YOSHIYUKI mais ce dernier ne s'occupe plus du scénario (heureusement, vu ce qu'a été…

Le trône de Mars

Histoire - 68%
Character design - 79%
Réalisation - 85%
Animation - 89%
Son - 78%
Dans son genre - 90%

82%

Rex

IBO est une excellente série, atypique des productions actuelles, mais terriblement prenante par son animation, par son ton, par ses propos et même aussi un peu par ses personnages. Mecha ou pas, la série en vaut la chandelle et ceux qui s'y aventureront découvriront que c'est bien plus que de simples robots géants. En un mot, c'est du Gundam.




A propos de Ithaqua

Si c'est sombre, glauque ou tout mignon, j'en fais mon affaire, tant qu'il y a quelque chose derrière.

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