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©Go Nagai/Devilman Crybaby Project

Devilman Crybaby

Devilman Crybaby Éditeur : -
Titre original : Devilman crybaby
Créateur original : Go Nagai
Format : Série TV
Episode(s) : 10
Durée : 24 min
Studio : Science SARU
Réalisateur : Masaaki YUASA
Character designer : Ayumi KURASHIMA, Kiyotaka OSHIYAMA
Site officiel

Le patrimoine des mangas et de l’animation japonaise contient de très nombreuses perles qui ne sont malheureusement pas forcément connues du grand public. Cependant, leur remise au goût du jour sous forme de rééditions ou de nouvelles séries, permettent de combler un vide culturel.
C’est le cas de Devilman Crybaby, d’après Devilman de Go NAGAI, manga venu d’une époque où ils étaient injustement décrits comme étant juste du sexe et de la violence.

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©Go Nagai/Devilman Crybaby Project

 

Voici le retour de Devilman dans une série sortie le 5 janvier 2018, produite par et diffusée sur Netflix avec à la réalisation le   studio Science SARU et Masaaki YUASA (Ping Pong), la bien nommée Devilman Crybaby.

Nous suivons Akira, un lycéen timide et au bon cœur entraîné par son ami d’enfance dans la protection de l’humanité contre les démons, entités maléfiques possédant et contrôlant les humains pour perpétrer des massacres. Ce faisant, Akira sera lui aussi possédé mais résistera à son démon intérieur et deviendra Devilman, protecteur de l’humanité.
Notre héros, changé aussi bien physiquement que psychologiquement, devra faire face à une vague croissante de démons et de dangers pour protéger les siens d’une violence de plus en plus accrue, se faisant entraîner dans les plans froids et impitoyables de son ami.

Si l’histoire du héros lycéen tentant de garder son humanité est présente, elle sera petit à petit remplacée par quelque chose de bien plus grand : l’apocalypse. On assistera à la déchéance de l’homme et à son désespoir, enchaîné à un cycle de violences auto-destructeur.
Ce qui va frapper dés les premiers épisodes, c’est la sexualité débridée et la violence exacerbée, en effet, pornographie, coïts, meurtres et massacres sanglants seront présents tout au long des dix épisodes mais pas de manière gratuite, véritablement comme mise en valeur des propos de la série et des personnages.
Abandon dans la drogue et la luxure, conduisant à sa propre perte, renfermement sur soi et haine de l’autre… Ce sont autant de thèmes que la violence débridée permet de contextualiser, de rendre palpables, et, même dans ce climat banalisé, d’avoir des morts extrêmement poignantes et l’expression de volontés convaincantes, alors que dans de nombreuses autres œuvres plus « aseptisés », elles seraient juste cucul. Devilman, ce n’est pas que du sexe et de la violence, c’est beaucoup plus que ça.

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©Go Nagai/Devilman Crybaby Project

Toutes ces idées sont véhiculées par les personnages présents dans l’œuvre : du simple figurant aux principaux, ils sont à la fois simples et humains, permettant l’empathie et l’attachement, nous faisant craindre pour leur vie. Paradoxalement, leur psychologie sera peu développée, les protagonistes évoluant peu en terme de mentalité et de comportement, même le héros dont l’évolution se cantonnera au stricte nécessaire.
Ce qu’on perd en approfondissement, on le gagne en dynamisme des scènes avec des discussions ne traînant pas en longueur, allant vers le centre du propos ou tout simplement laissant place à l’action ou à l’exposition.

Pour mettre en scène tout ça, on a une animation très souple, c’est-à-dire que les personnages sont volontairement dessinés irrégulièrement permettant une déformation des traits plus forte et acceptable, donnant une volubilité de la chair qui autorise des transformations démoniaques et des mutilations très imaginatives et spectaculaires.

Cependant, avant d’adhérer à cette façon de faire, certains auront besoin de s’habituer à ce style graphique (très propre au réalisateur), surtout que les premières minutes du premier épisode contiennent beaucoup d’approximations (membres déformés, déplacements en glissement, perspectives bizarres), mais une fois le coup pris, et les épisodes s’enchaînant, on a le droit à un spectacle grandiose, avec une animation incroyablement soignée, que ce soit pour l’action ou le quotidien.

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©Go Nagai/Devilman Crybaby Project

Une autre technique utilisée pour donner un effet de dynamisme est une désaturation des couleurs permettant moins de détails par le contraste, ce qui rend moins de relief mais qui permet une plus grande malléabilité du fait de la perte de détails et donc d’éléments à traiter.
Sur le plan de l’ambiance, on a une image moins tape à l’œil mais loin d’être dénuée d’éléments d’arrière-plan et qui permet une harmonisation des éléments pour un résultat très doux, n’empêchant pas une foison de seins et de sang (la diffusion sur Netflix permettant un contenu majeur sans censure).

Pour compléter le tableau, la série contient de très bonnes musiques électroniques collant parfaitement à l’ambiance et à l’action. Le tout est complété par des thèmes symphoniques épiques donnant toute leur majesté à notre héros.
Autre détail sonore intéressant, dans la version originale (de nombreux doublages sont disponibles sur la plate-forme), certains personnages étrangers parlent un anglais tout à fait crédible, à la fois en terme d’accent et langue.

Apocalypse selon Go Nagai

Histoire - 77%
Character design - 78%
Réalisation - 81%
Animation - 88%
Son - 80%
Dans son genre - 92%

83%

Baby

Devilman crybaby apparaît comme un retour en force d'un monument des années 70, actualisé et réalisé d'une main de maître par Masaaki YUASA qui a su compter sur le savoir faire de Science SARU. Si vous avez l'âge requis, ce titre est un véritable must see de la saison.




A propos de Ithaqua

Si c'est sombre, glauque ou tout mignon, j'en fais mon affaire, tant qu'il y a quelque chose derrière.

2 commentaires

  1. MayAyzeきしりき

    Je viens tout juste de le finir et omg c’était ouff les gens courrez le voir franchement il vaut le coup et la morale les gens… Putin la morale de cette anime ! Je suis juste sans voix il m’a énormément touché, il m’a achevé et il m’a ébloui un chef d’œuvre dans tout les sens du terme voici notre monde, le vrai ils y sont pas allez molo

  2. j’ai pleuré…….

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