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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

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©2016Shinjiro,Kadokawa/Taboo Tattoo Project

Taboo Tattoo

Taboo Tattoo Éditeur : Crunchyroll
Titre original : Tabo Tattoo
Créateur original : SHINJIRO
Format : Série TV
Episode(s) : 12
Durée : 24 min
Studio : J.C. Staff
Réalisateur : Watanabe TAKESHI
Character designer : Hasegawa SHINYA
Site officiel

En portant secours à un homme agressé par deux voyous, Seigi reçoit en remerciement une étrange pierre ornée d’un motif qui s’incruste aussitôt dans la paume de sa main. Ce tatouage s’avère être une arme d’une puissance inouïe que deux agents de l’armée américaine ont pour mission de récupérer, avant que les assassins du Royaume du Sélinisthan ne s’en emparent… Alors qu’une guerre menace d’éclater, Seigi va devoir apprendre à maîtriser le glyphe au creux de sa main pour rester en vie…

Taboo Tattoo, adaptation du manga éponyme, est une série d’animation produite par le studio J.C. Staff (Shimoseka, Heavy Object, Selector Infected WIXOSS) et diffusée chez nous par Crunchyroll.

On a affaire à une œuvre tout ce qu’il y a de plus shônen dans son déroulement : un adolescent se voit confier des pouvoirs qu’il devra utiliser pour protéger son entourage, voir le monde. Dans sa quête de force, il rencontrera des alliés et un mentor qui l’aideront, mais aussi des ennemis aux idéaux opposée qu’il devra affronter.

Ici, les codes du shônen sont biens utilisés, donnant un scénario bien équilibré se concentrant sur l’action. Les personnages sont tous stéréotypés, le héros Seigi en tête, qui, s’il est très caricatural dans son désir de justice, a au moins le mérite d’avoir la force de l’appliquer chez le commun des mortels. De plus, son développement est très agréable à suivre, même s’il est un peu trop spectateur à certains moments cruciaux.

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©2016Shinjiro,Kadokawa/Taboo Tattoo Project

Chaque camp aura son lot de personnages développés, même si pour les « méchants » ça fait un peu trop : « on tue des gens, mais on recueille des chatons, alors qu’au fond on est gentil ». À part ça, on a de bonnes interactions entre les protagonistes, après, il faut aimer les discours idéalistes sur le changement ou le maintient de la société, heureusement la violence proposée appuie ces propos et évite de les rendre complètement ridicules.

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©2016Shinjiro,Kadokawa/Taboo Tattoo Project

En fait, le principal défaut de ces discours est qu’ils alourdissent l’action. Heureusement, c’est bien la seule chose à le faire.
La principale qualité de l’œuvre est sa nervosité, chose que l’on doit à un découpage des scènes allant à l’essentiel, donnant un temps minimal aux fioritures. Quand on a un moment comique, on a la chute et on passe à autre chose, ce qui rend l’humour efficace tout au long de la série.

L’érotisme non plus ne brise pas le rythme, en tout cas quand il est extradiégétique, c’est à dire qu’il est sous la forme de plans mettant en avant les seins ou les fesses des protagonistes féminins, pendant que l’action ou les dialogues se poursuivent. Par contre, l’érotisme intradiégétique (quand la princesse tripote ses subordonnées) est assez lourd.

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©2016Shinjiro,Kadokawa/Taboo Tattoo Project

Au final, on a des épisodes très dynamiques, où l’histoire avance, où des combats ont lieu, le tout en étant parfaitement lisible. Seule exception, un épisode où la vitesse d’enchaînement des scènes et de registres est telle qu’on a un court-circuit cérébral au bout d’un moment.

Au niveau des scènes de combat, c’est la même chose : elles sont dynamiques et fluides tout en étant présentes dans presque tous les épisodes.
On a souvent le droit à de nombreux minis plan-séquences avec d’importants mouvements de caméra, biens maîtrisés avec une bonne animation des personnages en 2D et des arrière-plans en 3D. De manière générale, la 2D est de très bonne facture, avec un style graphique cohérent avec l’univers violent de la série (sauf au niveau des tenues de combat) et un character design donnant une classe et une identité aux personnages (l’identité étant ici différente de la taille du bonnet).

Que ce soit en plans larges ou serrés, il est très difficile de prendre en défaut la 2D, ce qui n’est pas le cas de la 3D.
Globalement, la 3D est correcte, assez fine dans les décors et les véhicules ; elle convient en petite dose. Techniquement, le problème vient de la génération procédurale des mesh, les textures manquent de diversité et on se retrouve vite avec des motifs de tâches, de plaques de métal et de couleurs se répétant. Couplé à un manque de volume des textures, elles rendent l’overdose très rapide, ce qui arrive malheureusement dans le dernier épisode avec une avalanche de 3D et des cadrages à la Parkinson.
À part ça, on a de bons véhicules et de bonnes explosions (puis on regarde Gundam Unicorn:RE0096 et on voit ce que sont de vraies explosions).

Pour finir, au niveau de la musique, elles sont bien pour les scènes d’action mais restent parfaitement oubliables.

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©2016Shinjiro,Kadokawa/Taboo Tattoo Project

Moins de donneurs de sang

Histoire - 60%
Character design - 71%
Réalisation - 61%
Animation - 70%
Son - 51%
Dans son genre - 75%

65%

Tabou

Taboo Tattoo est une série très dynamique, à tel point que vous ne verrez pas le temps passer en la regardant. C'est beau, c'est fluide et les personnages sont tous plutôt cools et bien travaillés dans leurs genres respectifs.




A propos de Ithaqua

Si c'est sombre, glauque ou tout mignon, j'en fais mon affaire, tant qu'il y a quelque chose derrière.

3 commentaires

  1. Merci pour cette chronique,
    Je suis donné sur certaines couvertures de la version manga il y a peu (par pur hasard) aussi c’est bien d’en savoir plus à ce sujet surtout que le propos est plus positif que certaines critiques que j’ai pu lire ailleurs. Animé sans prise de tête à première vue, qui fait plutôt bien le job (cf. le 75%).
    2 petites questions : i) il s’agit d’une adaptation fidèle du manga ou il y a une certaine liberté ? ii) entre l’animé et le manga y a-t-il un support qui soit meilleur que l’autre ?

    • Merci pour ton commentaire ça fait toujours plaisir!
      Concernant tes questions je ne peux malheureusement pas te répondre n’étant pas un lecteur du manga. Tout ce que je peux te dire c’est que l’anime ne fait pas « introduction à l’oeuvre » et même s’il y a un mini trailer de la suite à la fin du dernier épisode, la série se suffit à elle même.
      Tu peux regarder les deux supports indépendamment l’un de l’autre, ce qui est vraiment appréciable.

      • Merci de ton retour 🙂 (et je me rends compte que j’ai écrit « donné » pour « tombé » dans mon message… :/)
        Tant mieux alors si la série s’auto-suffit, c’est toujours un peu triste quand on n’a qu’une adaptation incomplète ou rushée à mort (Dimension W ?). Ma liste des « trucs » à voir et à lire vient de s’allonger d’un titre supplémentaire grâce à toi. 🙂

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