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[Dossier] Kazuo KAMIMURA, l’estampiste de l’ère Shôwa

SukaSuka

SukaSuka Éditeur : Crunchyroll
Titre original : Shuumatsu Nani Shitemasu ka? Isogashii desu ka? Sukutte Moratte Ii desu ka?
Créateur original : Akira KARENO
Format : Série TV
Episode(s) : 12
Durée : 24 min
Studio : C2C, Satelight
Réalisateur : Jun'Ichi WADA
Character designer : Toru IMANISHI
Site officiel

Cinq cents ans se sont écoulés depuis que de mystérieuses « Bêtes » ont exterminé le genre humain et les animaux vivant sur Terre. Les rares survivants se sont installés sur des îles flottant dans les airs, hors de portée de ces terrifiantes créatures. Seules quelques guerrières, les Leprechauns, ont le pouvoir de résister à ces assaillants en maniant d’anciennes épées sacrées. Mais leur espérance de vie est courte, car la mort peut surgir à tout moment ! Willem a dormi plusieurs siècles dans la glace et est le dernier témoin vivant de cette catastrophe.

Un monde de fantaisie où l’on trouve magie, îles volantes et créatures fantastiques, ça fait rêver, sauf peut-être quand l’humanité a été décimée il y a de cela plusieurs siècles par ses propres erreurs. Cela n’empêchera pas le dernier représentant de notre espèce de batifoler avec des jeunes filles au destin aussi rose qu’une nuit sans étoiles.

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©2017 Akira Kareno /KADOKAWA/68Island Fairy warehouse

SukaSuka est une série d’animation japonaise produite par les studios C2C et Satelight (Aquarion Logos, M3 : the dark metal), d’après le light novel Shuumatsu Nani Shimetaru ka ? Isogashii desu ka ? Sukutte Moratte Ii desu ka ? d’Akira KARENO, diffusée durant le printemps 2017 et disponible chez nous via Crunchyroll.

L’histoire se déroule dans un monde post-apocalyptique où l’humanité a été éradiquée et où les autres races ont été contraintes de se réfugier sur des îles flottantes  (mais sans crème anglaise) pour ainsi échapper aux terribles Bêtes.
On retrouve Willem, dernier humain sorti de stase glacière engagé comme gardien d’un entrepôt d’armes, mais il est loin de se douter que ces dernières sont de jeunes filles Leprechauns, seules à même de manier d’anciennes armes capables de rivaliser avec les monstruosités de la surface.

En tant que ancien grand héros de l’humanité, Willem fera tout pour aider ces jeunes filles à se préparer à leur destin de combat et se souciera plus des guerrières qu’autre chose, car pour que leurs armes soient les plus efficaces possibles, elles ne doivent avoir aucune considération pour elles-mêmes et pour leur sécurité : un concept qui alimente bien leur réflexion mais assez complexe et pas très bien mis en avant.
S’écouleront des jours plus ou moins heureux où les personnages se rapprocheront et où la légèreté s’installera. Le spectre de la guerre viendra toujours le ternir, jetant un voile de peur et d’incertitude sur notre héros.

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©2017 Akira Kareno /KADOKAWA/68Island Fairy warehouse

Quand on commence à parcourir les épisodes, on ne sait pas vraiment sur quel pied danse la série : est-ce de la tranche de vie fantastique mignonne avec un fond sérieux ? Est-ce une série d’action où un héros classe viendra sauver ses dames ? Il faudra bien attendre la moitié de la série pour comprendre qu’on a à faire à de la tragi-comédie, c’est à dire qu’on aura l’installation d’un cadre assez mignon et léger avec l’entrepôt des filles soldats, avec de la vie du quotidien, des jeux et de la romance, et qui sera toujours hanté par la menace des terribles Bêtes et de la fin tragique des Leprechauns.

Cela se traduit par l’envoi sur la ligne de front des guerrières, nourrissant l’attente et l’impuissance de notre héros. Cela sera tout le sel de la tragédie, l’impuissance : celle de ne pas pouvoir aider alors même que notre héros fut l’un des Brave à la puissance incommensurable, mais dont le corps a été presque détruit, et celle de ne pouvoir échapper à l’unique destin prévu pour une Leprechaun, la mort au combat ou par annihilation mentale.
Ces éléments qui composent le drame sont bien amenés, notamment parce que de nombreuses scènes amusantes et touchantes viendront renforcer les relations entre les personnages (surtout Willem et Chtholly) ainsi que les attaches émotionnelles qu’on peut avoir pour eux, mais aussi que les violences de la guerre sont présentes et montrées (et non pas juste une petite scène de fond à peine évoquée ou édulcorée).

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©2017 Akira Kareno /KADOKAWA/68Island Fairy warehouse

À côté de ça, quelques éléments viendront renforcer le drame, comme par exemple l’origine des Bêtes, qui est assez convenue mais pas dérangeante car pas trop appuyée. À contrario l’origine des Leprechauns est bien trouvée et sert bien le propos.
Les scènes du quotidien sont agréables, pas spécialement originales mais pas poussives non plus, elles remplissent bien leur office de nous lier aux personnages. On a aussi un petit côté « méta-histoire » ou les personnages vont se comparer à des protagonistes de fiction et ainsi expliquer l’issue fatidique. C’est un peu étonnant et on ne sait pas vraiment si c’est là parce que ce genre d’œuvre est archi-présent et donc que ses codes sont trop connus des spectateur, ou si c’est vraiment un ressort narratif annonciateur de la fin, ce n’est pas suffisamment présent pour que l’on soit bien sûr.

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©2017 Akira Kareno /KADOKAWA/68Island Fairy warehouse

Tout cela nous amène au final de la série, s’étalant sur les trois derniers épisodes, qui sera le climax émotionnel, la consécration des sentiments et du destin des personnages, manié d’une main de maître, notamment le dernier épisode qui est très fort.
Rien ne nous est épargné, c’est sentimental sans être niais et cela laissera une très forte impression : SukaSuka, c’est un peu une lueur d’espoir happée par des tentacules de ténèbres qui tente désespérément de ne pas être engloutie par la marée sombre, et cet effort, pas forcément assuré, nous fait vibrer pour cette série.

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©2017 Akira Kareno /KADOKAWA/68Island Fairy warehouse

Pour nous mettre dans l’ambiance, on a ce graphisme assez coloré, assez féerique. De manière générale, c’est chaleureux même si quelques filtres moins clairs viennent assombrir l’image. On a un trait soigné, avec des décors variés pleins de détails (notamment des textes en français) et un character design sympa : avec pleins d’homme-bêtes différents, c’est dommage que les races plus proches des hommes manquent de détails les différenciant de cette espèce, nous faisant relativiser l’extinction de l’humanité, mais sinon c’est un design agréable et mignon, ce qui contraste bien avec le ton de la série.

L’animation est plus que correcte, sans avoir de plans laids, et même s’il n’y a pas beaucoup de combat (ce n’est pas vraiment de thème) les scènes sont fluides et dynamiques et on peut apprécier d’avoir des monstres entièrement en 2D. Les effets de particules comme la magie ou les ailes sont jolis et colorés, quand il y a besoin le sang est abondant et tache aussi bien le décor que les vêtements, ce qui est rarement le cas, même avec une série pleine de morts.

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©2017 Akira Kareno /KADOKAWA/68Island Fairy warehouse

Pour finir, les thèmes musicaux sont beaux, pas forcément mémorables mais accompagnent très bien les moments, aussi bien ceux de drame que les plus épiques, même s’ils ne sont pas particulièrement recherchés et pourront faire écho à ceux d’autres séries.

Toujours pas de crème anglaise

Histoire - 74%
Character design - 61%
Réalisation - 70%
Animation - 68%
Son - 63%
Dans son genre - 81%

70%

ZukeZuke

SukaSuka est une très bonne surprise qui sous ses apparences de tranches de vie mignonnes, révèle un scénario auto-conclusif sachant très bien jouer avec les émotions et offrant un drame de toute beauté. N'allant pas dans la demi-mesure aussi bien pour ses éléments scénaristiques que pour son esthétique, c'est le parfait exemple d'une série au propos bien maîtrisé, et un excellent divertissement.




A propos de Ithaqua

Si c’est sombre, glauque ou tout mignon, j’en fais mon affaire, tant qu’il y a quelque chose derrière.

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