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[Dossier] Bilan de l’année manga 2016 : les tops, les flops, l’état du marché…

Kuzu no Honkai
©横槍メンゴ/SQUARE ENIX・「クズの本懐」制作委員会

Scum’s Wish – Le Vœu des Misérables (Kuzu no Honkai)

Scum’s Wish – Le Vœu des Misérables (Kuzu no Honkai) Éditeur : Amazon Prime Video
Titre original : Kuzu no Honkai
Créateur original : Mengo YOKOYARI
Format : Série TV
Episode(s) : 12
Durée : 22 min
Studio : Lerche
Réalisateur : Masaomi ANDÔ
Character designer : Keiko KUROSAWA
Site officiel

Un amour sans espoir… un amour douloureux… un amour à sens unique… L’amour est-il véritablement magique ? Hanabi Yasuraoka est en deuxième année au lycée, et désespérément amoureuse de la mauvaise personne. Et elle serait prête à faire n’importe quoi pour être avec elle, quitte à faire du mal à ses proches. Une histoire d’amour à la fois pure et dérangeante.

Adaptation du manga éponyme de Mengo YOKOYARI (non édité en France), Scum’s Wish – Le Vœu des Misérables (Kuzu no Honkai) est diffusé en VOSTFR par le biais du service de SVOD Prime Video d’Amazon.
Retour sur cette série en 12 épisodes qui fut diffusée au premier semestre 2017 dans le célèbre bloc noitaminA de la chaîne Fuji TV.

spoilers

©横槍メンゴ/SQUARE ENIX・「クズの本懐」制作委員会

La base proposée par Scum’s Wish est assez intrigante : et si deux adolescents, amoureux d’un adulte différent, se mettaient en couple pour passer le temps après avoir scellé un pacte afin d’obtenir l’affection de l’être dont ils sont réellement amoureux… Un couple fantoche dont les fondations sont sur du sable et qui ne peut rendre personne heureux.

Au final, Scum’s Wish ne remplit pas toutes ses promesses et se révèle nettement moins dérangeant que ce qu’on aurait pu espérer. Le cynisme que l’on peut entrevoir dans les premiers épisodes, notamment à travers le personnage d’Hanabi, s’efface peu à peu au fil des épisodes, même quand celle-ci se sert éhontément de Sanae, le scénariste semblant toujours vouloir lui trouver des excuses même quand ce n’est pas nécessaire.

En dehors de l’ahuri Narumi, qui d’ailleurs ne parvient jamais à s’élever, les autres protagonistes, Hanabi, Mugi et Akane, ont tous une part d’ombre plus ou moins forte qu’on aurait aimé voir mieux développée et plus assumée.
Aucun personnage ne se révèle réellement mauvais et le scénariste parvient toujours à leur trouver des portes de sorties honorables, comme si les rapports humains étaient toujours égaux et se devaient d’avoir nécessairement une forme de happy end.

Reste un bon point pour Akane, délicieusement abjecte dans son rapport tourmenté aux autres après une introduction qui ne laisse rien paraître de son réel visage. L’ensemble aurait mérité d’avoir un traitement égal et, surtout, pas une telle conclusion dont le revirement n’apparaît pas nécessairement très bien amené…

Il n’empêche que, malgré ces écueils, la série se laisse suivre agréablement tout au long des douze épisodes tant on cherche à savoir comment pourra bien finir ces histoires d’amour qui ont toutes pour point commun d’être cyniques. Les sentiments se mêlent et s’entremêlent durant 260 minutes, les femmes et hommes s’attirent et se rejettent en permanence, tantôt matures, tantôt tiraillés par leur adolescence tourmentée.

Attention tout de même, la série comporte un certain nombre de scènes érotiques, utiles au propos et à l’ambiance, mais qui ne vous permettront pas forcément de la regarder en présence de tous les publics.

©横槍メンゴ/SQUARE ENIX・「クズの本懐」制作委員会

L’animation proposée par le studio Lerche, à qui l’on doit les séries Assassination Classroom ou le film Fw:Hamatora, propose une copie correcte, sans fioriture, mais sans aucun génie, tout juste dans la moyenne des canons actuels pour une série de cette durée. La réalisation de Masaomi ANDÔ, qui avait précédemment officié sur les séries White Album 2Gakkô Gurashi! et Undefeated Bahamut Chronicle, est sans grande inspiration mais ne dessert pas l’ensemble qui reste cohérent.
Au final cela reste un travail de bonne facture, sans réelle erreur à dénoter, mais qui ne restera pas dans annales de l’animation japonaise.

La composition musicale de Masaru YOKOYAMA ne reste pas non plus dans les mémoires, a contrario des génériques d’ouverture (“Uso no Hibana” par 96Neko) et de clôture (“Heikôsen” par Sayuri) qui, eux, s’harmonisent parfaitement à l’ambiance de Scum’s Wish.

©横槍メンゴ/SQUARE ENIX・「クズの本懐」制作委員会

La traduction française proposée par Amazon est tout bonnement catastrophique pour un service professionnel de diffusion vidéo avec des fautes grossières sur tous les épisodes, peu ou prou, et nombre de contresens.
On se retrouve avec un sous-titrage à peine digne de fansubbers moyen gamme, ce qui est tout de même un comble pour un service payant… Malgré tout, l’ensemble reste compréhensible et ne gâche pas (trop) le visionnage.
Il semble, d’ailleurs, que ce niveau catastrophique en français soit une habitude chez le diffuseur car il se retrouve sur d’autres séries du catalogue, un peu triste pour une structure que l’on imagine sérieuse comme Amazon…

Le manga, pré-publié de 2012 à 2016 dans le magazine Big Gangan de Square Enix, s’est conclu avec la sortie de son huitième tome en mars dernier. Difficile de croire que la densité de huit tomes puisse se retrouver dans seulement douze épisodes de 22 minutes, d’autant qu’il semble que la conclusion pour les deux protagonistes soit quelque peu différente entre les deux médias.
On imagine sans peine (du moins on l’espère) que Mengo YOKOYARI a eu nettement plus de place pour exprimer une palette plus grande et plus ambiguë de sentiments pour ses personnages.
Étonnant d’ailleurs qu’un éditeur français n’ait pas encore mis la main sur l’oeuvre originale tant celle-ci semble correspondre en tous points aux seinen qui ont actuellement le vent en poupe dans l’hexagone…
Il reste à noter que le titre est dispo en lecture numérique en version anglaise chez Crunchyroll, accessible aux abonnés français du service, mais ça ne remplace pas une vraie édition en français.

Si Scum’s Wish ne répond pas à toutes les attentes que l’on pouvait légitimement nourrir à son encontre après avoir vu les trailers, la série reste de qualité et se suit sans aucune difficulté grâce à ses personnages qui, même s’ils n’échappent pas à certains écueils, se révèlent complexes et fascinants.
On a ici droit à un bon animé en douze épisodes dans la droite ligne des œuvres sombres que la production japonaise aime éditer ces derniers temps et qui changent des (trop nombreuses) histoires stéréotypées.

Le Vœu des Misérables

Histoire - 74%
Character design - 79%
Réalisation - 64%
Animation - 57%
Son - 59%
Dans son genre - 81%

69%

Scum

Si Scum's Wish ne répond pas à toutes les attentes que l'on pouvait légitimement nourrir à son encontre après avoir vu les trailers, la série reste de qualité et se suit sans aucune difficulté grâce à ses personnages qui, même s'ils n’échappent pas à certains écueils, se révèlent complexes et fascinants. On a ici droit à un bon animé en douze épisodes dans la droite ligne des œuvres sombres que la production japonaise aime éditer ces derniers temps et qui changent des (trop nombreuses) histoires stéréotypées.




A propos de Kubo

Kubo

Enfant de la « génération Club Dorothée », c’est un gros lecteur de mangas depuis plus de 20 ans et fan invétéré de Dragon Ball. Fondateur du podcast Mangacast, il est aussi l’un des créateurs de Manga Mag.

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