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[Dossier] Bilan de l’année manga 2016 : les tops, les flops, l’état du marché…

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91 Days

91 Days

91 Days Éditeur : Crunchyroll
Titre original : 91 Days
Créateur original : Taku KISHIMOTO
Format : Série TV
Episode(s) : 13
Durée : 24 min
Studio : Shuka
Réalisateur : Hiro KABURAKI
Character designer : Tomohiro KISHI
Site officiel

Au temps de la prohibition, un quartier échappe à la loi. Ses rues sont contrôlées par la mafia et l’alcool circule librement. À une époque, Avilio a vécu dans ce district, mais depuis une sale embrouille qui a coûté la vie à sa famille, il s’est mis au vert. Jusqu’au jour où il reçoit une mystérieuse lettre qui réveille en lui son désir de vengeance et l’exhorte à retourner là-bas. Il décider alors d’infiltrer la famille Vanetti et devient proche d’un certain Nero…

Quand on est un petit studio d’animation en charge d’une œuvre originale, on a deux choix de production : soit on remplit la série d’éléments à la mode (moe, nekomimi, grosses poitrines), soit on essaye de marquer les esprits par de la nouveauté. Le premier cas permet de donner au spectateur ce qu’il veut, garantissant presque une popularité moyenne. Le second est plus aléatoire, allant du four commercial au succès de la saison voir de l’année.

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© 91 Days

91 Days est une œuvre originale du studio Shuka (Durarara !!x2) basée sur un scénario de Taku KISHIMOTO et disponible chez nous sur Crunchyroll.

C’est l’histoire d’une vengeance, d’une personne emprisonnée dans le souvenir du meurtre de sa famille qui, un jour, reçoit le nom des responsables. Mû par une existence entière vouée à la haine, il entrera dans la mafia pour atteindre ses cibles et leur faire payer, mais ces dernières ne seront pas aussi mauvaises qu’on pourrait le croire, ce qui ne gênera pas le héros pour autant.

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© 91 Days

Cette vengeance prend une forme effrayante, froide mais surtout morbidement intéressante. Les plans d’Angelo avancent petit à petit, nous surprenant par leur destination mais aussi par leur forme. Ils entraînent des conséquences elles-mêmes emplies de suspense. 91 Days est une série où l’on dévore chaque minute du scénario. À chaque fin d’épisode, on est là à demander la suite, non pas à cause d’un cliffhanger, mais par des fins lourdes de conséquences, étonnantes et pleines de trahisons, mais parfaitement cohérentes.

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© 91 Days

En plus de ça, la série prend le temps de poser ses ambiances, d’installer les sentiments. On a des dialogues et des passages narratifs qui font ressentir toute la mélancolie des personnages plongés dans ce monde où la violence est banalisée. A contrario, le découpage et la mise en scène permettent une tension palpable sur les potentielles actions des protagonistes.
La fin aussi est magnifique, nous faisant ressentir toute la vacuité de la vengeance avec une force incroyable, ne nous laissant qu’un vide et une profonde mélancolie.

Concernant les personnages, la première chose que l’on constate, c’est qu’on a vraiment l’impression que ce sont des mafiosi, et non pas (ce qui arrive souvent) des japonais « jouant des étrangers ». De ce fait, on arrivera beaucoup mieux à s’attacher à eux, que ce soit au héros, mais aussi à ses cibles, tentant de survivre dans un monde cruel et cinique. Même les crapules, de part leurs ambitions et leur pugnacité forceront le respect.

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© 91 Days

Si, au niveau du scénario, c’est excellent, on ne peut pas en dire autant sur le plan technique. Au niveau graphique, ça va, on a un trait sombre et froid aussi bien pour les décors que pour les personnages collant parfaitement au ton de la série. On retrouve l’ambiance des films de mafieux, avec des bas-fonds sales et grouillants de malveillance, et avec des chefs de famille vivant dans des manoirs aussi beaux que leur argent est tâché de sang.
En plus de ça, on a de nombreuses références à ces films, par exemple dans le générique de début qui fait penser au Parrain, mais aussi des références bibliques qui ne sont pas trop tape-à-l’œil.

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© 91 Days

Par contre, là où ça ne va pas, c’est au niveau de l’animation, encore que… pas tant que ça. Il y a beaucoup de passages saccadés, de plans larges ou moyennement larges moches et de personnages défigurés. On ne voit pas une animation soutenue qualitative, mais le studio semble en avoir conscience et les scènes importantes ne sont pas affectées.
Le budget a été bien réparti, de sorte que les parties laides n’impactent pas les moments cruciaux, qui seront correctement animés, sans plus. Vers la fin, on a le droit à un épisode « sacrifié », plein de grossièretés, de faux raccords mais qui permet d’avoir un final de toute beauté (plus précisément, une fin où la partie technique n’influence pas le plan émotionnel).

On peut faire le même constat sur l’ambiance sonore, mais de moindre façon. Les bruitages sont classiques, comme dans la majorité des anime. On a du jazz comme musique, pour bien coller au thème, mais avec un nombre restreint de morceaux et pas toujours très présents. Ce n’est pas forcément un mal, le silence peut aussi être utilisé de manière intelligente et vu qu’il sert bien les ambiances, on pardonnera cette (absence de) performance.

Quand on est un petit studio d'animation en charge d'une œuvre originale, on a deux choix de production : soit on remplit la série d'éléments à la mode (moe, nekomimi, grosses poitrines), soit on essaye de marquer les esprits par de la nouveauté. Le premier cas permet de donner au spectateur ce qu'il veut, garantissant presque une popularité moyenne. Le second est plus aléatoire, allant du four commercial au succès de la saison voir de l'année. 91 Days est une œuvre originale du studio Shuka (Durarara !!x2) basée sur un scénario de Taku KISHIMOTO et disponible chez nous sur Crunchyroll. C'est l'histoire d'une…

"Tout était vain"

Histoire - 90%
Character design - 61%
Réalisation - 59%
Animation - 45%
Son - 55%
Dans son genre - 82%

65%

Vengé

Série au scénario palpitant et aux personnages particulièrement bien travaillés, on tient peut-être la perle de la saison avec 91 Days. Malgré une production pas toujours au top, il ne tient qu'à vous d'en faire un véritable succès.




A propos de Ithaqua

Si c'est sombre, glauque ou tout mignon, j'en fais mon affaire, tant qu'il y a quelque chose derrière.

Un commentaire

  1. Ah, Nero, Angelo, Corteo… Ils nous manqueraient presque une fois que l’on finit l’animé. Et puis ce Fango, une réussite dans le genre enfoiré imprévisible ! Graphiquement c’est vrai qu’on n’atteint pas des sommets mais cela reste très correct et le scénario se suit bien, même si j’aurais aimé quelques rebondissements en plus. « Final de toute beauté », je suis d’accord ! 🙂
    Très bonne chronique pour un animé qui vaut le coup d’être vu.

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