Publicité

Accueil / Chroniques Manga & Animé / Chroniques Animé / Chroniques Cinéma / Jin-Roh, la Brigade des loups – Edition Collector

Publicité

Jin-Roh, la Brigade des loups – Edition Collector

Jin-Roh, la Brigade des loups – Edition Collector Éditeur : @Anime
Titre original : Jin-Roh : The Wolf Brigade
Créateur original : Mamoru OSHII
Format : Film
Episode(s) : 1
Durée : 101 min
Studio : Production I.G
Réalisateur : Mamoru OSHII
Character designer : Hiroyuki OKIURA

Après la fin d’une guerre, durant laquelle, le Japon a été occupé par l’Allemagne nazie, un ordre chaotique se met en place. Dans les années 50, un groupe d’activistes, la Secte, utilise la violence pour combattre un État qui lui oppose une force spéciale de police, des commandos suréquipés à qui les masques à gaz et les lunettes à infrarouge font perdre toute face humaine. Un jeune policier a hésité à abattre une petite fille porteuse d’un panier de dynamite qui s’est suicidée. Suspendu pour faiblesse psychologique, le jeune homme rencontre la sœur de la gamine, dont il tombe amoureux...

Aujourd’hui, on a la chance d’avoir régulièrement de très bons films d’animation qui sortent chez nous (entre autre et surtout Your Name, si vous n’êtes pas encore allés le voir, foncez le regarder !) mais on a aussi la possibilité de redécouvrir d’anciens films qui ont été le fleuron de l’animation japonaise à leur époque, notamment Jin-Roh, la Brigade des Loups.

Il s’agit là d’un film sorti en 1999 chez nous, réalisé par Hiroyuki OKIURA (Lettre à Momo), scénarisé par Mamoru OSHII (les deux premiers films Patlabor et Ghost in the Shell), produit par Production I.G (Patlabor, Ghost in the Shell, Lettre à Momo) et ressorti en version remastérisé chez nous par @Anime.

Jin-Roh,_la_brigade_des_loups_-_Edition_Collector_Image_1
© Mamoru OSHII / BANDAI VISUAL Production I.G

Dans une uchronie où l’Allemagne a gagné la seconde guerre mondiale, l’occupation du Japon, bouleverse l’ordre économique et sociale du pays. La misère engendre des contestataires au gouvernement, faisant monter la tension ambiante, au point de créer un groupuscule extrémiste anti-gouvernemental, la Secte, combattu par un nouvel organe du gouvernement, la Posem et son groupe d’intervention, les Panzers.

Jin-Roh,_la_brigade_des_loups_-_Edition_Collector_Image_2
© Mamoru OSHII / BANDAI VISUAL Production I.G

Dans ce contexte houleux, Fuse (prononcé foussé, et non pas fusée), un membre des panzers, n’arrive pas à tirer sur une terroriste mineur qui causera une explosion majeure. Mis à pied pour cette faute, il rencontrera la sœur de la défunte avec qui il nouera une relation, pendant que dans les hautes sphères du gouvernement se trame la dissolution des panzers.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser dans un contexte aussi violent et avec la mise en avant d’un groupe d’assaut, Jin-Roh n’est pas vraiment un film d’action, la majorité des scènes étant calmes et posées. Bien sûr, les scènes d’intervention des panzers existent mais seront minoritaires, en nombre et en temps, dans le film, ce qui leur permet d’être très marquantes (en plus du fait qu’elles soient très violentes et lourdes de conséquences pour les personnages).
Paradoxalement, c’est dans ces scènes que le héros, très touché par les événements, est le moins « personnifié » car derrière une lourde armure, revêtant le masque de la bête, un thème et une symbolique très présents tout au long de l’œuvre, notamment dans les allégories et les rêves bestiaux de Fuse.

Jin-Roh,_la_brigade_des_loups_-_Edition_Collector_Image_3
© Mamoru OSHII / BANDAI VISUAL Production I.G

En plus du héros, on aura le droit à des personnages hauts gradés du gouvernement, qui seront là comme fil conducteur de l’intrigue politique, ainsi qu’à l’entourage de Fuse, avec lequel il est très distant. C’est simple, que ce soit avec la sœur de la terroriste ou son ami militaire, on ne sait jamais à quoi il pense avec son air blasé, ce qui permet justement tout le génie de la fin.
Les révélations et le dénouement permettent de jeter un œil nouveau sur tout ce qui s’est passé depuis le début, changeant notre perception de tous les éléments qui pouvaient nous paraître bizarres ou maladroits, et qui, sous cette nouvelle lumière, incitent énormément au second visionnage, ce qui permet de pleinement comprendre l’inéluctable tragédie qui attend les personnages dans un final déchirant.

Jin-Roh,_la_brigade_des_loups_-_Edition_Collector_Image_4
© Mamoru OSHII / BANDAI VISUAL Production I.G

Un autre point de cette fin, c’est qu’elle finit par rendre l’œuvre moralement ambiguë. Malgré le contexte politique fort, malgré toutes les idéologies qui pourraient découler de ce genre d’histoire, la narration et la mise en scène ne valorisent aucun groupe ou aucune opinion politique : il n’y a pas la moindre once de manichéisme dans ce qui nous est montré, ce qui permet de ne pas réduire l’histoire à une simple revendication politique et lui donne l’occasion d’être une œuvre simple et poignante.

En terme de réalisation, on a affaire au dernier film fait main et c’est un excellent baroud d’honneur qu’il nous fait : on a une très belle animation tout du long, que ce soit pour les plans larges ou pour les plans serrés qui, à défaut d’être extrêmement dynamique (des fusillades et des courses poursuites), est énormément détaillée (les mouvements faciaux, les spasmes des corps criblés de balles, les munitions s’amenuisant au fur et à mesure qu’elles sont tirées…).
Ce qui est amusant dans tout ça, c’est que les éléments d’animation les plus compliqués sont les plus anodins : si aujourd’hui on utilise des modèles 3D pour les voitures et les tramways, c’est pour avoir quelque chose de fluide dans le déplacement. Dans Jin-Roh, on arrive à avoir en 2D cette prouesse technique qui ne dure que quelques secondes, et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, on pourrait citer les scènes mélangeant plongée et contre-plongée, celles avec de multiples points de fuite, les scènes de foule…

Jin-Roh,_la_brigade_des_loups_-_Edition_Collector_Image_5
© Mamoru OSHII / BANDAI VISUAL Production I.G

En ce qui concerne le graphisme des personnages, il est très loin des canons actuels, ce qui ne veut absolument pas dire qu’il est moins bien, au contraire : il permet d’afficher un très grand réalisme tout en collant à l’ambiance froide et désincarnée du film, et il permet d’être très expressif et juste dans les émotions.
Autre point important, c’est la sublime réalisation des armures, équipement emblématique de l’œuvre, très détaillées mais surtout parfaites dans leur office de déshumanisation des personnages et de symbole de force.

On pourrait faire plus ou moins les mêmes analyses pour les décors : ils sont froids et distants, montrant soit la monotonie d’un temps s’écoulant inexorablement vers un lendemain incertain, soit le côté sombre et oppressant de la scène, les seules notes de couleurs vives étant les flammes des explosions, les yeux des panzers et le sang des victimes.
Ces arrière-plans sont en adéquation avec les émotions des personnages sur le moment, montrant soit le côté bestial et prédateur, soit le côté perdu et fataliste.

Jin-Roh,_la_brigade_des_loups_-_Edition_Collector_Image_6
© Mamoru OSHII / BANDAI VISUAL Production I.G

Pour parfaire cette mise en scène, on a le droit à de nombreux thèmes musicaux qui sont là pour poser l’ambiance. Ils ne sont pas là pour soutenir l’action mais vraiment pour plonger le spectateur dans l’instant présent, avec tout le doute, la mélancolie et la tension que cela implique.
Autre point très important et particulièrement réussi, ce sont les bruitages qui sont, de manière générale, très puissants, c’est à dire qu’ils accompagnent et renforcent les actions, que ce soit les bruits de pas dans l’eau se rapprochant de manière inquiétante, les cliquetis des armes et les coups de feu… ce que la musique n’exprime pas en violence, les bruitages le font.

Jin-Roh,_la_brigade_des_loups_-_Edition_Collector_Image_7
© Mamoru OSHII / BANDAI VISUAL Production I.G

Pour finir, parlons de l’édition collector française, celle contenant le film remastérisé en Blu-ray et en DVD. Pour 35 euros on a le droit à un steelbook, un livret d’une quarantaine de page et le film en DVD et Blu-ray. De prime abord c’est un peu cher pour un film sorti en 99, mais d’une part, le steelbook est vraiment magnifique, l’illustration est très bien choisie, et le brillant et le grain qu’apportent le métal sont du plus bel effet : on a ici un vrai objet de collection qui pourra trôner fièrement dans votre filmothèque.
Ensuite, le livret est sympathique, il apporte des explications sur le film et la vision des auteurs, ce qui n’est jamais un mal, on regrettera seulement qu’il soit dans un format aussi petit, ne nous permettant pas de pleinement apprécier les illustration.

Dernier point : la version française. On regrettera juste qu’elle se prenne pour la NASA en appelant le héros Fusée et non Foussé, mais ce pinaillage mis de côté, on a des comédiens compétents impliqués qui donnent vie et caractère aux personnages, et ce, quels qu’ils soient. On pourra juste s’étonner d’entendre les onomatopées en japonais dans la vf, mais une fois la surprise passée, ça ne rend pas si mal.

Aujourd'hui, on a la chance d'avoir régulièrement de très bons films d'animation qui sortent chez nous (entre autre et surtout Your Name, si vous n'êtes pas encore allés le voir, foncez le regarder !) mais on a aussi la possibilité de redécouvrir d'anciens films qui ont été le fleuron de l'animation japonaise à leur époque, notamment Jin-Roh, la Brigade des Loups. Il s'agit là d'un film sorti en 1999 chez nous, réalisé par Hiroyuki OKIURA (Lettre à Momo), scénarisé par Mamoru OSHII (les deux premiers films Patlabor et Ghost in the Shell), produit par Production I.G (Patlabor, Ghost in the…

"Le loup chasse sa proie."

Histoire - 87%
Character design - 82%
Réalisation - 93%
Animation - 80%
Son - 88%
Edition - 79%
Dans son genre - 90%

86%

Lupus

Cette réédition est vraiment l'occasion de découvrir un chef d'oeuvre de l'animation tant sur le plan artistique que scénaristique. En plus d'être une pièce trônant fièrement dans votre collection, c'est tout un pan de la culture de l'animation japonaise entre vos mains.

Acheter sur Amazon

A propos de Ithaqua

Si c'est sombre, glauque ou tout mignon, j'en fais mon affaire, tant qu'il y a quelque chose derrière.

Un commentaire

  1. Pas de making of? Pas d’interview du staff ? Dommage, ça aurait été passionnant…
    La différence de qualité entre DVD et Blu Ray est elle importante?

    Ce film est absolument magnifique, je l’ai vu au ciné à sa sortie et j’ai été scotché par sa beauté et son histoire. Je l’ai revu en dvd deux fois pour complètement comprendre l’histoire (j’avais 12 ans, hein) !
    Probablement je film qui m’a fait découvrir ce que pouvait vraiment être un anime.

Laisser un commentaire

banner