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Dossier Boichi

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Ghost in the Shell
© 1995 Kodansha/Shirow Masamune/Bandai Visual/Manga Entertainment

Mamoru OSHII se confie sur son travail sur Ghost in the Shell, Urusei Yatsura, Patlabor…

Dans une interview accordée au magazine américain Forbes, le célèbre réalisateur Mamoru OSHII parle de son travail sur les célèbres licences sur lesquelles il a travaillé : Ghost in the Shell, Urusei Yatsura (Lamu), Patlabor, mais aussi sur ses autres travaux et ses rapports avec les gens qui l’on accompagné notamment le compositeur Kenji KAWAI. Nous vous en proposons une traduction en français.

Mamoru Oshii
Mamoru OSHII, (c) DR

Né en août 1951 à Tokyo, Mamoru OSHII va se faire connaître du grand public avec la réalisation d’épisodes de la série TV Urusei Yatsura (Lamu) dont il assumera la charge de 1981 à 1984. Il s’occupera aussi de deux long-métrages issus de la licence, Urusei Yatsura: Only You en 1983 et Urusei Yatsura: Beautiful Dreamer (Lamu : Un rêve sans fin) en 1984.
Puis assiéra sa renommée à l’international avec plusieurs films dont Patlabor: The Movie en 1989, Patlabor 2: The Movie en 1993, et bien sur Ghost in the Shell en 1995 et sa suite Ghost in the Shell 2: Innocence en 2004.

À propos de Mamoru OSHII

« Je suis né dans le centre de Tokyo et j’y ai vécu jusqu’à la fin du lycée. C’était un quartier morose, le genre d’endroits où vous trouvez des petites usines et des bureaux de yakuza. Je pensais toujours à grandir et m’en aller le plus vite possible. Si je devais dire quelque chose de positif sur cet endroit, tout ce qui me vient à l’esprit, c’est qu’il y avait beaucoup de cinémas. »

À propos de ce qu’il regardait enfant : « Pendant mon enfance, je regardais toujours des dramas d’époque parce que c’est ce que mon père appréciait. Les seuls dessin-animés dont je me souvienne sont américains, des titres comme Bugs Bunny et Dick Tracy. Je détestais les Disney qu’on nous forçait à regarder à l’époque. »

À propos des réalisateurs qu’il admire : « En général, il y a des réalisateurs avec qui je peux me sentir sur la même longueur d’onde mais je pense que c’est différent d’être en admiration. »

« En général, les réalisateurs de films ne travaillent que selon le bon vouloir de personnes haut placées. Jusqu’à qu’une offre de travail ne se présente, je ne pense pas aux films. Je préfère promener mon chien et jouer aux jeux vidéo pendant que j’attends. En ce moment, je suis complètement accro à Fallout 4. »

À propos de ses débuts en tant que réalisateur

« J’ai tourné mes propres films indépendant pendant que j’étais à l’université et je cherchais à devenir réalisateur mais l’industrie cinématographique japonaise était dans une très mauvaise période à l’époque donc les studios n’engageaient personne. Après avoir décroché mon diplôme, j’ai travaillé comme réalisateur pour la radio mais j’ai démissionné quand je me suis rendu compte qu’ils oubliaient “régulièrement” de me verser mon salaire. Sans emploi, je me faisais plaisir en construisant des maquettes en plastique et en m’amusant. Quand j’ai entendu qu’un studio d’animation proche de chez moi engageaient des débutants, j’ai postulé, passé l’entretien et j’ai rejoins la boite. »

« Je travaillais comme réalisateur dans le studio [Pierrot – Ndlr] en question quand un jour, le président de l’entreprise m’a appelé et m’a choisi comme réalisateur en chef sur Urusei Yatsura. En tant qu’employé, je n’avais pas vraiment mon mot à dire mais les gens autour de moi semblaient surpris. Cela ne faisait que 4 ans que je travaillais dans l’animation donc je suppose que c’était un cas inhabituel. J’ai négocié avec le président et j’ai réussi à faire en sorte qu’il double mon salaire. »

À propos de son travail sur l’OAV Dallos (1983)

« Bandai, la compagnie de production m’avait sondé sur l’idée et avoir la possibilité de créer quelque chose sans avoir les restrictions d’une diffusion télévisée me plaisait bien donc j’ai décidé de participer. Mon but était de créer quelque chose d’axé science-fiction plutôt qu’un simple jouet commercial mais c’est venu à un moment difficile pour le studio et moi-même donc les limitations imposée par l’emploi du temps ont rendu le travail assez complexe. Les OAVs étaient un produit très cher à l’époque donc j’avais des doutes sur la rentabilité du projet. »

À propos de L’Œuf de l’Ange (Tenshi no Tamago, 1985)

« J’ai utilisé toutes les techniques à ma disposition à l’époque. C’était le premier travail sur lequel j’avais pu travailler comme je le voulais donc j’en étais plutôt satisfait mais il a été critiqué pour son scénario difficile à comprendre. Après ça, je n’ai plus reçu d’offres de travail pendant trois ans. C’est un souvenir amer mais qui m’a beaucoup appris sur ce qui est nécessaire quand on travaille comme réalisateur sur un projet commercial. »

À propos de la reprise de son scénario de L’Œuf de l’Ange pour le film In the Aftermath« Jusqu’à ce que j’en entende parler par une de mes connaissances qui l’a vu lors d’un festival, je ne savais même pas qu’il existait [le film]. Quand j’ai demandé à la boite de production, ils m’ont dit qu’ils avaient vendu les droits sans ma permission. C’est un autre souvenir amer pour moi. »

À propos de la différence entre film live et un long-métrage d’animation

« Même s’il n’y a pas vraiment de différence fondamentale entre les deux, dans un film live, il y a les limitations “réelles” imposées par la localisation, le plateau de tournage, le casting… donc ce n’est pas tout à fait pareil. Il y a plus de liberté lorsque l’on présente les choses dans un animé mais je pense que passer du bon temps avec les acteurs fait partie des meilleures choses lorsque l’on travaille sur un film live. Si je devais signifier une différence spécifique, ça serait qu’il faut se lever tôt pour tourner un film live. Je dis ça parce que les gens du monde de l’animation sont plutôt nocturnes mais je me suis adapté avec le temps. »

À propos de Patlabor

« Pour moi, c’était comme si je commençais une nouvelle série d’OAVs et même si le budget était serré, j’avais quelques difficultés financières à l’époque donc j’ai décidé d’accepter. Une fois les six premiers épisodes terminés, je me suis dit que je ne ferais plus jamais de travail comme celui-là mais comme il a été plutôt bien accueilli, je me suis retrouvé pris dans une série longue. Je n’aurais jamais imaginé que je finirais par en tourner une version live ! »

« Pour le deuxième film Patlabor, j’ai voulu en faire un animé qui reprenait toute l’histoire post-guerre du Japon. C’était juste après la guerre du Golfe donc j’étais intéressé par la relation entre la guerre et les médias et je me demandais aussi personnellement s’il était possible de créer un film qui fonctionne aussi comme “théorie urbaine”. »

« Patlabor 2 se passait à Tokyo et Ghost in the Shell à Hong Kong et j’ai fait des recherches sur place pour les deux donc j’ai procédé de la même manière dans les deux cas. En ce qui concerne la réalisation, nous avions expérimenté un nouveau système de production pendant le travail sur les deux films de Patlabor, “Le Layout System”, donc travailler sur GITS n’était pas très difficile. Je pense que c’était aussi la force de travailler avec le même staff sur plusieurs productions à la suite. »

À propos de Ghost in the Shell (1995)

« 80 minutes n’étaient pas suffisantes pour traiter des deux thèmes clés du film, l’intelligence artificielle et les cyborgs. Le point de départ dans la réalisation d’un film, c’est de bien cibler son contenu et c’est pour cela que j’ai fait passer l’intelligence artificielle au second plan. »

« L’œuvre originale [le manga de Masamune SHIROW – Ndlr] avait la réputation d’être difficile à comprendre donc mon travail de réalisateur était de structurer les choses afin de les rendre plus accessibles. Pourtant, le résultat est un film qui, une fois de plus, s’est retrouvé affublé du sceau “difficile à comprendre” mais c’était avant l’avènement d’internet donc je pense que le réalisateur importait peu, personne n’aurait réussi à le présenter d’une manière assez simple pour que le grand public comprenne. »

À propos de ses rapports avec Kenji KAWAI : « C’est un compositeur très talentueux et un homme très drôle donc on se faisait toujours des blagues et on s’est bien amusé à travailler ensemble. »

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Source : Forbes




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Un commentaire

  1. Vous avez mis le lien vers Amazon pour acheter le Blu-Ray, or je conseil à ceux interessés de le prendre plutôt sur la Fnac car il y a en plus dans l’édition spéciale Fnac l’ OST du film pour le même prix ^__^

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